Lors d’une audition au Parlement européen, le 30 novembre, la proposition de réforme du régime sucre présentée par la Commission européenne a été attaquée tous azimuts, sauf par le Brésil…
Le Brésil sera le seul gagnant. Ce message a été asséné par plusieurs intervenants, lors d’une audition très suivie, organisée par le Parlement européen sur la réforme de l’OCM sucre présentée par la Commission européenne, en juillet dernier. « Le Brésil sera certainement l’un des pays qui profitera le plus de la réduction des prix du sucre et de la réduction de la production », a d’ailleurs reconnu un universitaire brésilien, Alexandre Barros, lors de son intervention.
« Aucun des objectifs remplis »
Pour sa part, le rapporteur parlementaire du dossier, le socialiste Jean-Claude Fruteau, a dressé un tableau très sombre de la proposition faite par la Commission. Il faut adapter la réforme aux règles OMC, accroître la compétitivité du secteur, garantir les revenus des betteraviers, et aider les pays en développement, a-t-il résumé tranchant : « Tous les experts s’accordent à dire que la proposition de la Commission ne permet de remplir aucun de ces quatre objectifs » ! Les attaques se sont aussi concentrées sur l’objectif de Bruxelles de réduire la production dans tous les Etats membres, mais sans limiter les importations des pays en développement.
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Une « réforme discriminatoire »
Dans le même temps, en coulisses, les groupes de pression se sont activés pour défendre leurs positions. Ainsi, la filière tchèque a dénoncé une « réforme discriminatoire » touchant particulièrement les nouveaux membres de l’Union européenne. « La République tchèque a déjà fait sa réforme », indiquait l’Association tchéco-morave du sucre. Le nombre d’emplois du secteur en République tchèque serait tombé de 54 000 à 7 200 salariés, entre 1989 et 2004, selon les chiffres fournis par l’association. « Les consommateurs et les industriels payent le prix pour un système insoutenable d’un point de vue économique, environnemental et social », rétorquait non loin de là le CIUS qui regroupe les industries utilisatrices de sucre.