Trois années de diminution des tonnages des aliments, une part de l’élevage français plutôt en baisse dans l’Europe, de nouvelles réglementations sur l’étiquetage et les aliments médicamenteux… les coopératives d’aliments du bétail réunies au sein du Syncopac ont fait part de leurs préoccupations sur le long terme à l’occasion de leur assemblée du 13 avril. Pascal Viné, membre du cabinet du ministre de l’Agriculture, a voulu les rassurer en leur promettant une meilleure concertation, notamment quant aux règles de production et commercialisation des aliments médicamenteux. Un groupe de travail administration-profession sera réuni. Il a aussi confirmé que le projet d’un fonds d’adaptation de la coopération française est encore à l’ordre du jour.
Les coopératives d’aliments du bétail sont inquiètes. La raison : le très sensible décrochage de l’élevage français comparé au fort développement de cette activité chez nos voisins européens. Daniel Rabiller, président de la fédération des coopératives du secteur (Syncopac) a rappelé les chiffres à l’occasion de l’assemblée générale, le 13 avril à Paris : « Depuis dix ans, la production de viande de porc a augmenté de 11 % en France mais de 50 % en Espagne, de 20 % au Danemark et de 14 % en Allemagne. » Les chiffres sont, selon Daniel Rabiller, plus alarmants encore pour la volaille : la production 2004 est équivalente à celle de 1994 en France tandis qu’elle est en hausse de 74 % en Allemagne, de 40 % en Espagne et 36 % au Royaume Uni. Le diagnostic est préoccupant dans la mesure où les pays d’Europe sont les principaux marchés pour les produits carnés français. La réduction de ce débouché s’ajoute à une baisse de consommation des produits carnés en France même.
Trois ans de baisse des aliments du bétail
La situation rejaillit évidemment sur la production d’aliments composés pour animaux. Depuis trois ans, note le Syncopac, les tonnages produits sont à la baisse :-2,4 % en 2002, -1,5 % en 2003 et -1,3 % en 2004. Pour cette dernière année, la baisse des fabrications touche les aliments bovins (-3,3 %), les aliments porcs (-2,1 %), les aliments pour veaux (-0,7 %) tandis que les aliments volailles sont stables. La baisse de production est d’ailleurs un phénomène européen : de 127 millions de tonnes en 2002, elle est passée à 124,4 millions de tonnes en 2004. Le Syncopac met cette baisse sur le compte de la diminution des cheptels, de la concurrence des pays tiers et du développement de la production à la ferme.
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Le problème des aliments médicamenteux
D’autres motifs d’inquiétudes apparaissent. Les nouvelles obligations d’étiquetage, notamment, qui concernent de plus en plus des « micro-ingrédients » ; les bonnes pratiques imposées pour les aliments médicamenteux ; la réglementation concernant la surveillance des salmonelles dans les volailles ; l’étiquetage envisagé des viandes issues d’animaux nourris avec des plantes OGM ; l’obligation, à compter d’août prochain, de ne nourrir les animaux bio qu’avec des aliments bio. Sur tous ces points, Pascal Viné, conseiller du ministre de l’Agriculture s’est voulu plutôt conciliant. Il a annoncé qu’un groupe de travail administration-profession-agence du médicament vétérinaire allait se réunir pour régler le problème des aliments médicamenteux.
Pascal Viné s’est également montré favorable à une grande interprofession volaille, comme la demande notamment le Syncopac. En ce qui concerne la prorogation du système dérogatoire pour la filière animale bio (la possibilité de nourrir les animaux avec une fraction d’aliments non bio), il s’est montré moins optimiste. La question dépend surtout de Bruxelles affirmait-il.