Dans un communiqué diffusé le 16 décembre à propos des revenus de l’agriculture, la FNSEA estime que « l’agriculture va de spasmes en spasmes alors qu’elle a besoin de visibilité et de régulation ». Selon la fédération, il n’existe plus de véritable filet de sécurité en agriculture. La situation mondiale des marchés associée à des hausses de charges mais aussi à des crises sanitaires telles que la FCO provoquent inquiétude et désarroi chez les paysans français. » Un bon moyen de soutenir l’agriculture, selon la FNSEA, consisterait à engager le plan « agriculture et agroalimentaire » pour contribuer à la relance et à la création d’emplois. Président de l’APCA (Chambres d’agriculture), Luc Guyau estime que « l’extrême volatilité des prix démontre toute la nécessité de maintenir ou de réinventer des instruments de régulation des marchés ». Selon lui, « les choix nationaux du bilan de santé de la Pac devront plus que jamais contribuer à un meilleur équilibre des aides entre les territoires et les productions ». « N’est-il pas temps de proposer des solutions économiques intelligentes pour stabiliser et sécuriser le revenu des agriculteurs ? », interrogent à leur tour les Jeunes agriculteurs. L’organisation rappelle pour cela sa proposition de création d’un partenariat entre filières élevage et grandes cultures. Un partenariat « qui replace définitivement les agriculteurs au centre du système et qui permet à long terme de préserver le nombre d’exploitations en France. » C’est également la question de la réorientation des aides Pac que pose la Fédération nationale bovine (FNB) qui, dans un communiqué « renouvelle son appel à la filière pour une meilleure rémunération de la production en amont et aux pouvoirs publics afin que le bilan de santé de la Pac se traduise par une réelle politique d’orientation des soutiens à la hauteur des enjeux. » En deux ans, expliquent les éleveurs, « l’effondrement du revenu a été de 50%, soit plus de 10 000 euros par éleveur ».
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La réorientation des aides, nécessaire pour la Confédération, difficile pour la Coordination
« Les comptes de l’agriculture agglomèrent des activités et des revenus peu comparables », déclare la Confédération paysanne dans un communiqué du 16 décembre : « Si le revenu moyen se situe à 24 000 euros, celui de la viticulture de qualité lui est supérieur de 80 %, celui des grandes cultures de 39 % ». Selon la Confédération, « la mise en place d’une autre politique agricole passe par une autre répartition des aides ». Selon la Coordination rurale, dans un communiqué du même jour, « les tentatives de prévision du revenu agricole révèlent une détérioration généralisée des résultats économiques de l’ensemble des secteurs de production agricole. » Les agriculteurs « sont les victimes de la libéralisation outrancière voulue par la Commission et cautionnée par la France », estime la Coordination. À propos de la réorientation des aides « il faudra beaucoup de mauvaise foi au ministre de l’Agriculture et à ceux qui ont cautionné cette stratégie pour trouver à qui reprendre les aides à redistribuer. »