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 Congrès de la FNSEA Le syndicat ose le débat sur son rôle

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Décidé en septembre dernier, le thème du rapport d’orientation 2004 de la FNSEA qui pose la question de « quel syndicalisme demain ? » tombe à pic. Cette réflexion prend un tour particulier alors que l’agriculture et le syndicalisme FNSEA est mis à « rude épreuve » depuis quelques mois. Le syndicat ose dans ce contexte se « », explique Dominique Chardon, secrétaire général de la FNSEA. « ». Plus de 140 amendements ont été déposés suite au rapport d’orientation. Il n’y a pas pour l’heure de « consensus » sur les grandes questions qui se posent au syndicalisme au sujet de son rôle dans la démocratie, de son implication dans les filières économiques, de son lien avec le politique et de ses moyens financiers. Preuve que le débat qui aura lieu le 31 mars lors du congrès de la FNSEA au Grand Bornand risque d’être animé.

«  Faire tomber les mythes », selon l’expression de Pascal Ferey, secrétaire général adjoint de la FNSEA. Tel est l’objectif affiché de la FNSEA qui est soumise à rude épreuve depuis quelques mois. De la condamnation « surréaliste » de Bruxelles et du montant « exorbitant » de l’amende, au « coup de massue » de la réforme de Luxembourg en passant par les mises en examen liées à l’affaire Unigrains, la FNSEA entend reprendre la main. Elle ose le débat sur le rôle du syndicalisme agricole.

Le 58 e congrès du syndicat qui se déroulera au Grand Bornand du 30 au 1 er avril, consacrera en séance publique la journée du 31 mars au rôle du syndicalisme. Pour la première fois, un congrès de cette importance se déroulera dans un petit village qui compte « moins de 2 000 habitants pour 2000 vaches ». «  L’occasion d’être au plus près des paysans », se satisfait Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA.

Cinq questions en débat

Cinq questions ont été posée en amont aux quelque 90 fédérations et 33 associations spécialisées. Il s’agit ou non d’envisager « une troisième voie » entre le syndicalisme de masse et un syndicalisme de lobbying. La FNSEA qui revendique 320 000 adhérents et regroupe 70 % des agriculteurs trouve «  sa seule légitimité par ses adhérents », assure Jean-Michel Lemétayer. Plus globalement, la question de la place des « corps intermédiaires » dans la démocratie est posée. L’implication du syndicalisme dans les filières économiques est sur la table. Le syndicalisme doit-il jouer le rôle de « contre pouvoir » ou de « partenaire économique » ? L’amende infligée par Bruxelles à la FNSEA et à ses associations d’élevage qui ont validé un accord sur le prix des viandes en pleine crise de la vache folle est «  lourd de symbole », explique Christian Decerle, secrétaire général adjoint de la FNSEA.

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Pas de cumul pour les régionales... de 2010

Quant au sujet du cumul des mandats syndicaux et politiques, les statuts de la FNSEA sont clairs. Les seuls mandats compatibles avec une étiquette FNSEA sont les mandats locaux (maires par exemple) et ceux des conseils généraux. Le congrès de la FNSEA, qui se déroule juste après les élections régionales de 2004 pourrait amener Jean-Michel Lemétayer à décider d’interdire les cumuls avec les mandats régionaux. Cette interdiction entrerait en vigueur pour les prochaines élections régionales en 2010. Plus globalement la question des accointances entre le syndicalisme et le politique est évoquée. La «  cogestion fait partie du passé », souligne Christian Decerle. Reste à réfléchir à... une « nouvelle gouvernance ». Au chapitre du cumul des mandats syndicaux ou professionnels, Jean-Michel Lemétayer dit qu'il  " n'est pas choqué par le fait qu'on trouve plus de gens de la FNSEA à ces postes". 

Quels moyens d’action ?

Enfin, le sujet particulièrement sensible du financement du syndicalisme sera abordé en huis clos et en séance publique. Au regard de l’affaire Unigrains qui a abouti pour l’heure à quatre mises en examen pour de prétendus détournements de fonds notamment au profit de la FNSEA, le positionnement de la « grande maison » est attendu. Le financement se doit d’être «  transparent » et les «  moyens d’action » identifiés, avance Dominique Chardon. Plus de 140 amendements ont été déposés suite au rapport d’orientation. Il n’y a pas pour l’heure de « consensus » a expliqué le secrétaire général sur les grandes questions qui se posent au syndicalisme au sujet de son rôle dans la démocratie, de son implication dans les filières économiques, de son lien avec le politique et de ses moyens financiers. La «refondation» du syndicalisme agricole promet des débats animés.