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Bovins Le taurillon a la cote face au broutard en ce début d’année

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La demande en taurillon a fait monter les cours, fin 2010. Et le manque qui apparaît face à une demande persistante risque fort de maintenir les prix, voire de les faire monter. Le broutard léger trouve mieux sa place que le broutard lourd, auprès d’engraisseurs refroidis par la conjoncture céréalière. L’Institut de l’élevage expose son analyse de la conjoncture bovine.

Les cours du jeune bovin (JB) s’annoncent positivement, à l’inverse des broutards. Effectivement, l’export a favorisé la demande de JB, ces derniers mois. Aussi le rythme élevé d’abattages qui en a découlé « pourrait amputer les disponibilités des mois à venir, remarque le département économie de l’Institut de l’élevage dans sa lettre de conjoncture mensuelle (Tendances lait et viande de mars). La cotation du JB a augmenté de 7% (catégorie U) à 9 % (catégorie R et O) par rapport à celle de février 2010. En décembre 2010, les exportations de viande bovine fraîche et congelée ont augmenté du fait de la Turquie certes mais aussi des pays de l’Union européenne, notamment la Belgique et l’Espagne. La Grèce touchée par la crise économique diminue ses importations françaises de 4% sur l’année 2010 (-5% en décembre 2010 par rapport à 2009). « Au total, la France aura exporté 271 000 tonnes équivalents carcasses de viande bovine en 2010, soit 5% de plus qu’en 2009 », annonce l’Institut de l’élevage. En JB vivants, l’Italie et le Liban attirent 90% des exportations de décembre 2010 (8 500 jeunes bovins mâles). Mais ces exportations sont cependant plus faibles par rapport à celles de décembre 2009, mois marqué par des exportations exceptionnelles vers la Tunisie. « 2010 se termine avec un bilan d’exportation de jeunes bovins vifs en très nette augmentation (103 000 têtes soit +27%) », note l’Institut de l’élevage (Maghreb : 10 000 têtes, Italie : < 40 000 têtes, Liban :+ 41 000 têtes).

Le broutard lourd ne trouve pas preneur
En broutards, les animaux lourds (400 à 500kg) sont dévalorisés (-8% pour la catégorie charolais U par rapport à février 2010 et -4% par rapport à 2009). Mais le marché reste plus fluide pour les broutards plus légers, soit de 330 à 380kg (-9% pour la catégorie charolais U par rapport à février 2010 et +4% par rapport à 2009). Pour les animaux lourds, « le commerce avec l’Italie est laborieux en ce début d’année : le prix élevé des céréales pèse sur la rentabilité des ateliers transalpins qui, de plus, se vident plus lentement que d’habitude.[…] Les engraisseurs se détournent des animaux lourds dont la date de sortie coïncidera avec la période estivale, traditionnellement difficile pour la consommation », affirme l’Institut de l’élevage. Ces animaux encombrent le marché et contrairement à 2010, « le débouché algérien ne permet pas d’en évacuer une partie et de soutenir les cours. En effet, la suppression des contingents algériens d’importation détaxée a fortement réduit le commerce avec ce pays. […] Les exportateurs français cherchent donc un salut vers d’autres pays tiers. Le Liban a acheté quelques animaux lourds de moindre qualité, non finis et de race à viande », constate le département économie de l’Institut.

L’engraissement, une prise de risque
À l’inverse des broutards lourds, les animaux plus légers sont peu nombreux sur le marché. Ils sont plus demandés même si les mises en place à l’engraissement en France restent limitées. Les éleveurs freinent leur activité d’engraissement. La sécheresse de l’année 2010 dans l’ouest de la France a provoqué des manques de fourrage. De plus, les céréales sont actuellement trop chères et risquent de le rester. « L’incertitude concernant les prix des jeunes bovins pousse les éleveurs à limiter les risques », observe l’institut de l’élevage. Certains polyculteurs-éleveurs préfèrent vendre une plus grande part de leur récolte que d’habitude, du fait des cours élevés des céréales. Les exportations vers le Maroc et la Tunisie devraient alléger le marché.

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