A partir du 1 janvier, la redevance pour pollution diffuse va entrer en vigueur. Les distributeurs réfléchissent à leurs offres tarifaires, certains agriculteurs s’inquiètent.
Les distributeurs sont dans la phase finale de préparation de leurs tarifs phytos pour les produits qui seront utilisés au printemps 2008. Particularité de l’année : tenir compte de la mise en place de la redevance pour pollutions diffuses, qui va entrer en vigueur à partir du 1 er janvier prochain. Cette redevance va remplacer la TGAP (Taxe générale sur les activités polluantes), qui touchait également les produits phytos mais était acquittée par les fabricants et les importateurs. Payée par les distributeurs en fonction des quantités de substances actives vendues à l’agriculteur, la redevance sera versée aux agences de l’eau. Cette nouvelle taxe ne sera pas équivalente à la TGAP, puisqu’elle est fonction de la toxicité des molécules. Pour une substance classée dangereuse pour l’environnement, elle montera au maximum à 1,2 euro par kilo de matière active, et pour une molécule jugée toxique à très toxique, elle pourra atteindre 3 euros par kilo. Ce sont les agences de l’eau qui fixeront ce taux.
Des produits de substitution existent
Selon Arvalis, une quarantaine de substances actives utilisées en grandes cultures seront concernées par la redevance pour molécule dangereuse, et une quinzaine par la taxe pour les substances toxiques à très toxiques. « Pour un insecticide de sol comme le carbofuran utilisé en maïs qui vaut en moyenne autour de 1 euro par litre, la taxe sera de 0,15 euro », observe Arnaud Landeroin, en charge des achats chez Agridis. En blé, le chlorotalonil solo sera taxé autour de 1,50 euro le litre pour un cout moyen de 6 à 7 euros. En ce qui concerne la carotte, par exemple, la taxe va doubler sur certains produits, les rendant inaccessibles. Une partie des agriculteurs s’inquiètent. Dans certaines zones, les distributeurs semblent les avoir poussés à formuler au plus tôt leurs commandes, afin de se prémunir contre cette hausse. D’autres comme Xavier Verhaegue, responsable appro chez Oceal, estime « mal venu » ce genre de comportements, qui vont conduire à « amputer les agences de l’eau d’une partie de leurs ressources ». Pour Arnaud Landeroin, il faut de toute façon relativiser, car les produits les plus taxés peuvent souvent être substitués. Et la hausse ne touchera pas toutes les spécialités. Certaines vont même y gagner, car elles ne sont pas classées dangereuses pour l’environnement.
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1 à 1,5 % de hausse
Au final, Xavier Verhaegue estime que les prix des phytos augmenteront en moyenne de 1 à 1,5 %. Pas de quoi justifier un branle-bas de combat dans les campagnes. Une analyse partagée par Benoit Dion, chez Epis-Centre. « De toute façon, nous n’avons pas encore commencé les ventes de printemps », explique le professionnel. Et si les ventes ont été nettement plus importantes qu’habituellement à l’automne, c’est bien parce que les adhérents ont acheté des produits dont ils avaient besoin, tels les antilimaces ou les herbicides. « Les agriculteurs ont terminé leurs semis fin octobre, et ils ont pu désherber pendant une semaine », signale Benoit Dion. Ils n’anticipaient donc pas une hausse des coûts pour 2008. Hormis le glyphosate, les produits semblent en tout cas tous disponibles en quantité.