Le marché des produits traiteur de la mer, comprenant la saurisserie et le traiteur de la mer, affiche l’une des progressions en volume et en valeur les plus fortes du secteur agroalimentaire. En 2006, il a enregistré un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros, en progression de 9,2 %, pour 109 979 tonnes de volumes vendus, en hausse de 5,6 %, selon le bilan d’ACNielsen au 7 janvier 2007. Et ceci dans un contexte 2006 marqué par le retour de la croissance (+2,5 %) des produits grande consommation frais libre service. La particularité de ce marché reste la forte présence des MDD qui occupent 31 % du marché en volume, devant les premiers prix et les quatre principales marques nationales Fleury Michon, Coraya, Labeyrie et Delpierre. A côté d’eux, de nombreux intervenants occupent chacun entre 1 et 1,5 % de part de marché, avec une présence souvent principalement régionale. Entre le segment des poissons fumés et celui du surimi qui deviennent matures, d’autres parviennent à sortir leur épingle du jeu : les plats cuisinés frais, les salades et les poissons précuits et à cuire, dont le sous-segment des crevettes qui a progressé en volume et en valeur de plus de 100 % au cours de l’année dernière. Cela n’a pas échappé au groupe Alfesca qui vient de reprendre la société Adrimex, spécialisée dans la crevette tropicale. Cette dernière va permettre à Delpierre, l’autre filiale du groupe islandais, d’avoir un nouveau levier de croissance sur ce segment. En effet, elle prévoit de lancer une nouvelle gamme de crevettes natures et aromatisées au 1er mai prochain.
Le marché des produits traiteur de la mer (saurisserie et traiteur de la mer) se valorise mais garde une spécificité forte : le leadership des MDD avec 31 % de part de marché en volume, suivies par les premiers prix avec 16,6 %. Ce marché très atomisé compte quatre marques nationales qui se démarquent et se partagent 14,5 % du marché. Fleury Michon et Coraya occupent entre 4,9 et 4,8 % du marché en volume, Labeyrie 2,5 % et Delpierre 2,3 %. Suit une pléthore d’intervenants, tels que la société Monegasque ou Vanelli, souvent présents exclusivement en région représentant chacun entre 1 et 1,5 % du marché en volume. D’importants leviers de croissance existent donc pour les industriels sur un marché qui est voué à se concentrer. Au 7 janvier 2007 (en cumul annuel mobile), l’ensemble du marché des produits traiteur de la mer a réalisé un chiffre d’affaires en croissance de 9,2 % à 1,329 milliard d’euros, pour 109 979 tonnes de volumes vendus, en progression de 5,6 %, selon le bilan d’ACNielsen. Il enregistre ainsi une progression supérieure à l’ensemble du marché des produits de la mer, voire même du secteur agroalimentaire. Ces performances ont été tirées par le segment traiteur de la mer qui est resté plus dynamique que la saurisserie. Avec un chiffre d’affaires de 829 M EUR, en progression de 10 %, le traiteur a contribué à 67 % de la croissance du chiffre d’affaires et 90 % de la croissance en volume avec 87 260 tonnes de volumes commercialisés.
Vers une désaisonnalisation
La saurisserie a déçu sur la période de la fin de l’année avec une consommation morose en recul de -0,5 % en volume. Néanmoins, elle a poursuivi sa valorisation avec une croissance de 6 % de son chiffre d’affaires à 158,4 M EUR sur la saison, de décembre 2006 à janvier 2007. La période de la fin de l’année semble moins contribuer à la croissance des volumes, tout comme l’année précédente. « Cette tendance semble s’ancrer durablement, même si pour certains produits comme les terrines ou les entrées, la saisonnalité reste encore marquée et tend à le devenir davantage », explique Philippe Paquotte, responsable de l’observatoire économique de l’Ofimer. La saison 2006-2007 aura représenté 28 % des ventes totales de la saurisserie. Avec un chiffre d’affaires de 499 M EUR, en progression de 7,8 %, ce segment poursuit sa croissance grâce aux poissons fumés qui réalisent plus de 90 % des volumes. Ces derniers ont représenté un chiffre d’affaires de 473,9 M EUR, en progression de 7,5%. Néanmoins, ils ne sont plus aussi moteurs de la croissance du marché des produits de la mer.
Maturité du surimi et du saumon fumé
Tout comme le surimi, les poissons fumés ont été détrônés et ne font plus partie du trio de tête des segments les plus contributeurs. « Même s’ils restent les poids lourds du marché, le surimi représentant 30 % du rayon et le saumon fumé 15 %, ils arrivent à maturité et se stabilisent », souligne Léna Price, directrice marketing de Delpierre. Les poissons précuits et à cuire, les plats cuisinés frais et les salades deviennent les trois premiers avec des progressions en volume respectives de 35,1 %, 14 % et 21,3 %. Seuls les fruits de mer précuits (-23,7 %), les poissons séchés et salés (-4,2 %) et les soupes (-2,1 %) pénalisent le marché. De leur côté, les crustacés cuits enregistrent les meilleures performances du sous-segment des poissons précuits et à cuire en volume (+97,8 %) et sont ex-aequo en valeur avec les poissons fumés (+33 M EUR). Notamment les crevettes cuites ont affiché de fortes progressions, avec des volumes de ventes en hyper et supermarchés atteignant 1 725 tonnes en hausse de 100,5 %, pour un chiffre d’affaires qui a augmenté de 109,9 % à 26,7 M EUR.
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« L’année 2007 devrait être orientée vers les mêmes tendances. Arrivé à maturité, le surimi reste en panne de nouveaux produits, le prix du saumon est revenu à un prix acceptable et les crevettes peuvent continuer sur cette voie mais le prix reste un facteur limitant », explique Philippe Paquotte, ajoutant : « Le marché aurait besoin d’un produit innovant qui ferait décoller le rayon tel que le surimi à ses débuts. En attendant, nous resterons dans une tendance identique à celle de l’année précédente ».
Inclure une solution cœur de repas ?
En outre, une nouvelle piste de croissance semble se profiler au rayon traiteur de la mer, selon Patricia Robillard, responsable communication d’Adepale, dont le Synafap est membre. D’après une étude réalisée pour le syndicat sur la perception des consommateurs sur le rayon traiteur de la mer, l’absence de solutions repas constituerait un frein à sa croissance, une idée qu’Adepale semble d’ailleurs enclin à voir évoluer. Néanmoins, du côté de certains industriels, le son de cloche reste différent. « Les plats cuisinés à base de produits de la mer sont installés au rayon traiteur frais libre service et non au rayon traiteur de la mer. Il y a sûrement une opportunité à saisir sur le cœur de repas, mais les distributeurs restent difficiles à convaincre et ne sont pas dans cette optique-là », expliquent certains.