A l'occasion de leur traditionnelle 4e journée professionnelle, les entreprises du Traiteur Frais ont fait le point sur leurs perspectives de développement. Ce secteur très dynamique devrait continuer sur sa lancée, à condition que les distributeurs l'accompagnent pour répondre aux demandes des consommateurs. Une enquête IRI commandée par l'ETF leur propose de nombreuses pistes de réflexions.
Les entreprises du traiteur frais se portent plutôt bien, mais ne pourront passer à l'étape supérieure de leur développement que si elles sont accompagnées par les distributeurs. C'est en substance ce qui est ressorti de la 4e journée professionnelle des entreprises du secteur (eTF*) qui s'est tenue le 25 juin. A l'occasion de cette grand-messe annuelle et devant un parterre nombreux de dirigeants d'entreprises du secteur, mais aussi d'acteurs de la grande distribution, les organisateurs ont dévoilé les résultats d'une enquête IRI menée auprès d'un panel de consommateurs (1) sur leur perception des différents rayons traiteurs frais, et qui donne des pistes d'actions à envisager commercialement parlant, notamment pour répondre à leurs attentes. C'est donc ici que la distribution a un vrai rôle à jouer.
L'an dernier, a rappelé Pierre-Yves Ballif, le président d'eTF, en préambule, une étude Nielsen évaluait à 800 millions le chiffre d'affaires perdu par la grande distribution dans le traiteur frais par manque de linéaires dans ce segment de marché. Non sans affirmer que « le traiteur frais est un eldorado » pour la profession et qu'il fait « venir les consommateurs dans les magasins », ce dernier propose aux distributeurs de leur donner les clés pour profiter eux aussi de cette pépite à fort potentiel de développement, avec force détails chiffrés à l'appui.
UN SEGMENT DE MARCHÉ TRÈS DYNAMIQUE
Dans un contexte globalement morose, le marché du traiteur frais en libre service (LS) en croissance ininterrompue depuis plusieurs années, affiche en 2014 un chiffre d'affaires de 5,7 milliards d'euros en progression de 1,6% sur 2013. Le rayon du traiteur frais libre service dans les hypers et supermarchés est l'un des plus dynamiques des produits de grande consommation (PGC) sur le moyen terme, avec une progression de ses ventes de 13 % en 4 ans, contre seulement 9 % pour les PGC (chiffres Iri). en quatre ans, le traiteur frais a dépassé les produits laitiers, les glaces/surgelés et l'univers du petit-déjeuner. une dynamique « essentiellement due aux innovations, qui constituent le premier levier de croissance des produits traiteur frais et de la mer », explique l'institut de recherche. Côté prix, note l'Iri, le frais non laitier (-0,9 %) est avec les alcools (-0,1%), l'univers qui souffre le moins de la déflation. A noter la contre-performance des PGC non alimentaires (essentiellement disques, CD et téléphonie)qui marquent un recul de 2,5 % qui pose d'ailleurs la questions pour les distributeurs d'une possible réallocation de ces linéaires au profit du traiteur frais.
LE TRAITEUR LIBRE SERVICE, UNE OFFRE IRREMPLAÇABLE
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Parmi les enseignements à tirer de cette enquête pour les distributeurs, le traiteur frais est le premier univers déclenchant la venue en magasin pour 64 % des acheteurs, devant la crémerie (28%) et le frais traditionnel (25 %). De même, il existe une corrélation entre la note attribuée à un magasin et celle de l'univers traiteur qui atteint 0,68, quand elle n'est que de 0,55 pour la crémerie et 0,53 pour les fruits et légumes. De beaux linéaires pour le traiteur frais, propres et bien rangés, sont donc un gage de fidélisation du client. enfin, l'offre traiteur LS est irremplaçable pour 92 % des acheteurs et ne cannibalise donc pas les ventes des autres univers du magasin. Parmi les autres pistes à explorer pour les distributeurs, les amateurs du rayon traiteur frais veulent avant tout du choix et de la qualité (66 % des acheteurs veulent de la fraîcheur), loin devant les considérations de prix (pour 26 %). et la concurrence est rude puisque les acheteurs de ces produits fréquentent 8 circuits différents pour leur achats en traiteur frais, parmi lesquels les bou-langerie, les marchés, les spécialistes des surgelés, les magasins de proximité… La praticité et la diversité sont également déterminantes.
VERS UNE CONSOMMATION SUR PLACE
Pour 23 %, les achats de produis traiteurs frais sont impulsifs, d'où l'importance de « l'attractivité de l'offre par des promotions et des recherches de solutions repas ». L'étude Iri monte également que l'achat de produits traiteur est réalisé lors de petites courses rapides (dans 52 % des cas, contre 36 % pour les PGC). Ainsi le repérage des produits de snacking, pour une consommation immédiate, doit être facilité par une localisation à l'entrée des magasins, à la différence des produits en libre-service, qui sont consommés dans la semaine. en outre, les consommateurs ont une réelle attente en matière d'offre, notamment sur l'apéritif traiteur frais. « L'organisation de l'univers traiteur doit aussi répondre à une segmentation des produits par usage : immédiat, festif, quotidien… », recommande l'Iri. De même, la possibilité de consommer sur place, comme dans les fast food, est présentée comme un axe de développement stratégique pour les distributeurs. Certaines enseignes, à l'image de Franprix, notamment dans son magasin de la rue Marbœuf, à Paris ont déjà développé le concept, qui commence à faire des émules. enfin, bonne surprise pour les eTF, et donc les distributeurs, révélée par cette enquête, les consommateurs, même adeptes du drive, continuent à se déplacer dans les magasins pour leurs achats en traiteur frais. La quête de formules sur le pouce, goûteuses, de qualité et saines pour le déjeuner ne se fait pas sur internet.
* Créée en janvier 2014, par le regroupement de 4 organisations professionnelles à savoir l'Association des cuiseurs de crevettes et crustacés (A3C), l'Association pour le développement des industries du surimi (ADISUR), le Syndicat saumon et truite fumés (STF) et le Syndicat des fabricants de produits traiteur frais, l'ETF représente aujourd'hui 70% de l'activité d'un secteur, dont le chiffre d'affaires est de 4,2 milliards € et qui emploie près de 20 000 salariés.
(1) Méthodologie de l'étude IRI commandée par l'ETF : Pilotée par 11 entreprises de l'ETF dans le cadre du groupe de travail « GMS de l'ETF », cette étude a été menée de janvier à avril 2015, auprès de 957 acheteurs des rayons (coupe, frais emballé, libre-service, traiteur de la mer et snacking). Au total 8 200 magasins ont été étudiés sur les principales enseignes de la distribution.