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Sécheresse Le transport de la paille s’organise

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Le gouvernement continue de mettre en place son plan pour venir en aide aux éleveurs touchés par la sécheresse. Un million de tonnes de paille pourront être transportées par train à partir de la mi-juillet. Mais ces mesures ne satisfont pas un certain nombre d’organisations syndicales. La Confédération paysanne et la Coordination rurale demandent que ce soit les chambres d’agriculture qui organisent le système de solidarité entre éleveurs et céréaliers. Les producteurs de bovins (FNB) souhaitent, eux, un geste de Bruxelles pour maintenir les cours des viandes.

La deuxième réunion de la cellule de crise chargée de coordonner les transports de fourrages et de paille a permis, lundi 20 juin, d’évaluer à un million de tonnes la quantité de paille qui pourra être transportée à partir de mi-juillet depuis les régions de grandes cultures à destination des éleveurs frappés par la sécheresse. « Les points de chargement et de déchargement des trains seront arrêtés dans les tout prochains jours entre la SNCF, Réseaux Ferrés de France (RFF) et les fédérations départementales d’agriculteurs », annoncent les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement. Comme prévu, dix trains permettant de transporter 500 tonnes devraient réaliser une rotation par semaine et « des installations du ministère de la Défense situées à proximité des zones de chargement serviront d’espace de stockage temporaire de la paille ».

Une quarantaine de devis
La SNCF travaillera à « prix coûtant dans un effort de solidarité », assure Jean-Michel Genestier, membre du comité exécutif de SNCF-Geodis, chargé de ce dossier. Geodis, filiale de la SNCF qui s’occupe du transport ferroviaire et de la logistique, a déjà établi une quarantaine de devis à l’attention des FDSEA. « Nous avons notamment eu des demandes pour des transports de l’Essonne vers la Corrèze, de Hendaye vers Toulouse et de l’Aube vers le Cantal », précise Jean-Michel Genestier. Tout en reconnaissant que « la SNCF joue le jeu », Bruno Le Maire a toutefois appelé l’entreprise ferroviaire publique à proposer des « tarifs intéressants ».
Par ailleurs, le gouvernement est en train de négocier pour que les péages soient gratuits pour les transports de fourrage par camions et que ces derniers puissent rouler le week-end.

Hausse des restitutions à l’exportation
Mais ces mesures ne sont pas jugées suffisantes par de nombreux éleveurs. La Fédération nationale bovine (FNB), qui a réuni le 22 juin son conseil d’administration, appelle à la mise en place de « mesures permettant de gérer l’afflux de bovins lié à la décapitalisation ». Le syndicat demande de la part de la Commission européenne « une hausse immédiate des restitutions afin de renforcer la capacité d’export sur pays-tiers, ainsi qu’une mesure exceptionnelle de stockage ». A plus long terme, la FNB estime que cette crise doit également conduire à une évolution du cadre réglementaire contraignant sur les prairies permanentes, afin de favoriser l’autonomie fourragère (paille, protéines, céréales) des exploitations. Dans le cadre du groupe européen à haut niveau sur la viande bovine, la FNB plaide pour que les éleveurs puissent retourner une proportion plus importante de prairies permanentes d’une exploitation (aujourd’hui le seuil est fixé à 5%). Ce système permettrait de produire des céréales et des protéagineux dans les élevages pour donner plus de marges de manœuvre aux exploitations face à la volatilité des cours, explique Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB. « L’avenir est au système mixte », estime-t-il.

Des mesures critiquées
La Confédération paysanne, elle aussi, continue de protester contre les mesures gouvernementales. Des militants du syndicat ont manifesté tôt dans la matinée du jeudi 23 juin devant le ministère de l’Agriculture notamment pour demander une nouvelle fois que les chambres d’agriculture organisent seules la bourse d’échange des pailles.
La Coordination rurale (CR) fait la même demande : « Les chambres d’agriculture devraient être, au titre de leur financement et de leur mission de service public, les chefs de file uniques et légitimes de ces opérations de sauvetage ». Le syndicat dénonce, dans un communiqué du 23 juin, le fait que la FNSEA ait été désignée par les services de l’Etat comme « seul et unique interlocuteur dans la gestion de cette crise ». Selon la CR, la FNSEA propose une fourniture de marchandises (paille, fourrages) « à conditions préférentielles en échange d’une cotisation syndicale, comme nous le voyons déjà se pratiquer dans certains départements ». Enfin, la Coordination redemande que les céréales destinées à la filière du bioéthanol soient affectées cette année à la réalisation d’un « aliment sécheresse ».

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