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Cultures protéiques Le verdissement de la Pac pourrait faire une place aux cultures protéiques

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Soutenue par plusieurs États membres, l’idée de favoriser la production de plantes riches en protéines et de luzerne, en la liant dans une certaine mesure au verdissement des paiements directs, fait son chemin. Les contraintes internationales risquent toutefois de limiter cette démarche.

L’Autriche a estimé lors du Conseil agricole de l’UE, le 25 février, que « le problème de la pénurie en Europe d’aliments protéiques de haute qualité pour animaux devrait être pris en compte dans le cadre de la réforme de la Pac ». Selon elle, « comme la culture de légumineuses et de protéagineux peut avoir des impacts positifs sur l’environnement et le climat, les productions concernées pourraient être prises en considération dans les exigences de verdissement et créditées en tant que surfaces d’intérêt écologique ».
Le taux d’autosuffisance de l’UE en aliments protéiques pour animaux n’est que de 33 % environ (équivalent protéine brute), et le produit le plus important, le tourteau de soja, ne peut être remplacé que partiellement par d’autres, a fait valoir l’Autriche, qui a aussi souligné les efforts entrepris par de nombreux États membres pour réduire ce déficit, notamment « l’Initiative Danube Soja ». Celle-ci est soutenue par l’Autriche avec la Hongrie, la Slovénie, la Roumanie, la Bavière ainsi que la Serbie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Suisse.

À l’ombre des accords du Gatt

La suggestion autrichienne a été appuyée par une dizaine d’États membres, notamment l’Allemagne, la France, l’Espagne et la Pologne. En revanche, le Royaume-Uni a insisté sur fait que les courants actuels d’importation de produits protéiques pour les animaux ne devaient pas être fragilisés et que l’UE devait respecter les accords du Gatt qui limitent les possibilités de développement de sa production de protéines.
Notant que la question sera à l’agenda du Conseil agricole de mars, Dacian Ciolos a admis, pour sa part, qu’il fallait travailler sur le lien entre la production de plantes riches en protéines et de luzerne et les mesures de verdissement au titre de l’équivalence. Dans certains États membres, ces cultures favorables à l’environnement sont, par exemple, déjà encouragées par le biais des mesures agroenvironnementales, a-t-il aussi remarqué.
Tout en rappelant que les accords commerciaux limitent la possibilité de stimuler la production européenne de plantes riches en protéines, le commissaire à l’agriculture a estimé qu’il fallait effectivement trouver les moyens de faire jouer la synergie entre ces cultures et les mesures de verdissement, parmi lesquelles les infrastructures écologiques.
« Je suis ouvert pour encourager les cultures de protéagineux et de légumineuses dans le processus du verdissement », a réaffirmé Dacian Ciolos devant les journalistes.

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