Cinq ans après sa création, la certification Zéro résidu de pesticide (ZRP) poursuit sa croissance grâce aux surgelés, mais se cherche encore une place sur les fruits et légumes d’hiver en cœur de gamme.
Le collectif Nouveaux champs a annoncé une croissance de 20 % de ses volumes commercialisés sous la certification zéro résidu de pesticides (ZRP) en 2022, en conférence de presse le 22 février. Soit « un peu plus de 25 000 tonnes » commercialisées, a indiqué le président du collectif Gilles Bertrandias. Le label ZRP affiche ainsi une hausse du chiffre d’affaires (CA) de 9 %, à 57 millions d’euros. Cette croissance est tirée par « la percée significative » des produits surgelés qui représentent 18 % des volumes (6 % du CA).
Au pôle des fruits et légumes frais (87 % du CA), les volumes de légumes sont « plutôt » en hausse tandis que les volumes de fruits sont « plutôt flat », selon Gilles Bertrandias. Il a pointé « un déficit d’activité sur les produits d’hiver », notamment sur la pomme et la pomme de terre qui sont pourtant deux « poids lourds » de la consommation hivernale. La difficulté, a-t-il expliqué, est que les produits ZRP sont généralement emballés (pour faciliter l’identification et éviter le mélange de produits, NDLR). Or la pomme et la pomme de terre sont souvent achetés en vrac. « [Nous menons des travaux] pour reprendre des espaces sur du cœur de gamme zéro résidu, de manière à muscler effectivement une production hivernale et une présence hivernale du label », a affirmé le président de Nouveaux champs. Derrière les fruits et légumes frais et surgelés viennent les vins et jus de fruits (3 % du CA), les fruits secs (3 %) et les pâtes (1 %).
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88 % d’analyses conformes
Par ailleurs, « 88 % » des analyses de résidus ont été déclarées conformes au cahier des charges, pour un total de 3 800 analyses, selon M. Bertrandias. La « tendance baissière » de l’utilisation de produits phytosanitaires « se confirme » : l’indicateur IFT est passé de 5,9 interventions en moyenne en 2020, à 4,9 en 2021 puis à 4,4 en 2022. « [Cette trajectoire] est encourageante pour nous, même si de nombreux sujets sont encore à régler, naturellement, en fonction des différentes espèces et cultures », a étayé le président du collectif.
Concernant les surfaces cultivées, 4 000 ha étaient engagés en certification ZRP en 2022, soit 2 200 ha de moins que l’année précédente. Une diminution qui ne reflète pas un désintérêt des producteurs mais plutôt un ajustement aux débouchés. « On engage des choses cohérentes par rapport à ce que l’on va vendre, alors qu’aux débuts [du label] on engageait beaucoup plus d’hectares parce qu’on défrichait le marché », a expliqué M. Bertrandias. D’après lui, « 20 à 30 % » des volumes certifiés ZRP ne sont pas absorbés par le marché, et donc revendus en conventionnel. En outre, un produit ZRP est vendu 15 à 30 % plus cher qu’un produit conventionnel, selon les espèces, estime-t-il.