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Transformation biologique Léa Compagnie Biodiversité  : 100 M€ d’investissements entre 2017 et 2020

- - 8 min

La holding familiale Léa Compagnie Biodiversité (366 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017), pilotée par Charles Kloboukoff, a annoncé une nouvelle série d’investissements dans les usines et la logistique en France pour 100 millions d’euros entre 2017 et 2020, dont une majorité destinée aux sites agroalimentaires français. Le premier investisseur bio de France veut aussi poursuivre ses acquisitions, mais les montants désormais en jeu lui compliquent la tâche. Des solutions sont à l’étude.

La holding familiale Léa Compagnie Biodiversité (366 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017), pilotée par Charles Kloboukoff, a annoncé une nouvelle série d’investissements dans les usines et la logistique en France pour 100 millions d’euros entre 2017 et 2020, dont une majorité destinée aux sites agroalimentaires français. Le premier investisseur bio de France veut aussi poursuivre ses acquisitions, mais les montants désormais en jeu lui compliquent la tâche. Des solutions sont à l’étude.

Si l’appétit des Français pour le bio ne faiblit pas, et fait le bonheur des industriels et des distributeurs, il complique aussi la tâche de ceux qui veulent grandir. C’est la situation que vit aujourd’hui Charles Kloboukoff, à la tête de Léa Compagnie Biodiversité, la holding familiale chapeautant les marques phares Léa Nature et Jardin Bio. Ces derniers mois, deux entreprises qu’il voulait acquérir, Celnat et Vegetalia, lui ont échappé faute de pouvoir surenchérir face au groupe Panzani, propriété du géant espagnol Ebro. Selon lui, les entreprises de la production biologique qui pouvaient se négocier à 80 % de leur chiffre d‘affaires annuel, valent aujourd’hui une année de chiffre d’affaires, voire bien plus.

« La participation de grandes entreprises produisant en conventionnel et voulant se développer dans le bio a changé la donne », souligne Charles Kloboukoff, qui estime à 15 ou 20 le nombre d’entreprises françaises de la bio qui pourraient être des cibles, ni trop grandes, ni trop petites pour être absorbées par Léa Compagnie Biodiversité.

Des pistes pour continuer les acquisitions

Deux acquisitions ont été toutefois réalisées ces derniers mois. Hygenia en Belgique et Biosurya en Espagne, avec à chaque fois un maintien de l’actionnariat familial à hauteur de 40 %. « L’Espagne et l’Italie sont des pays où nous avons des opportunités en raison du nombre de PME, d’une économie qui redémarre, et ces pays disposent de filières agricoles locales », explique Charles Kloboukoff. Le dirigeant pourrait aussi se développer au Benelux et en France, en fonction des opportunités. La possibilité d’une ouverture du capital est toutefois exclue dans un avenir prochain, afin de conserver son indépendance.

En revanche, le groupe n’est pas hostile à des coopérations sous forme de co-entreprises, ou d’investissements sur des projets précis comme il l’a fait récemment avec Blue Whale pour le cofinancement d’une plantation de pommiers afin de sécuriser ses approvisionnements. Au total, le groupe détient des participations dans cinq entreprises : Alisa, Silo Bio Ouest, Decojus, Biocamargue et Lou Prunel. Léa Compagnie Biodiversité collabore aussi avec Biocoop sur la biscuiterie Jean & Lisette à Saint-Jean-d’Angély : le fonds Défibio du distributeur détient 24 % de ce nouvel équipement industriel.

Pour la holding Léa Compagnie Biodiversité, l’année 2017 a été excellente. Le chiffre d’affaires a atteint 366 millions d’euros (+22,8 % par rapport à 2016), dont 279 millions d’euros (+23,4 %) pour le navire amiral Léa Nature. Il y a un an, elle dévoilait un programme d’investissement de 40 millions d’euros sur les années 2017 et 2018, avant de revoir cette année ses ambitions à la hausse puisque le 5 avril, Charles Kloboukoff annonçait que ses investissements industriels en France s’élevaient désormais à 100 millions d’euros sur 2017-2020 : 58 millions d’euros dans les sites agroalimentaires français, 17 millions d’euros dans la cosmétique et 9 millions d’euros dans la logistique. Les 16 millions d’euros restant se répartissent entre des achats de matériels et un nouvel ERP.

L’effort le plus important (21 millions d’euros) est prévu pour la conserverie Bioviver à Damazan (Lot-et-Garonne), suivi de la nouvelle usine de cosmétique (17 millions d’euros) au siège près de La Rochelle. La logistique bénéficie de 9 millions d’euros pour des extensions de sites à Monflanquin (Lot-et-Garonne), à Périgny (Charente-Maritime) et à Peaugres (Ardèche).

Ventes en hausse de 20 % en GMS

L’année dernière, Léa Nature (diffusée seulement dans les GMS) a bénéficié de la montée en puissance de la grande distribution (le groupe réalise 45 % de ses ventes dans les GMS) qui a augmenté le nombre de ses références d’épicerie biologique de 20 %. Environ 70 nouvelles marques sont arrivées dans les rayons en 18 mois, et les grandes marques ont lancé des produits bio. Ce qui fait dire à Guillaume Hannebicque, directeur des marques alimentaires de Jardin Bio, que « tous les indicateurs sont au vert ». Sur un marché de l’épicerie bio en GMS estimé à 1,48 milliard d’euros (+20 %), Jardin Bio a une part de marché de 10,5 % de l’épicerie et des liquides, et de 13,9 % de l’épicerie et les liquides bio (156 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, +20,3 % par rapport à 2016).

En 2018, Jardin Bio va multiplier les lancements de produits sur le petit déjeuner (extension de la gamme d’infusion et de thé et de muesli, purée de sésame), un secteur où il a réalisé 43,6 millions d’euros de ventes en 2017 (+15,3 %) et possède une belle place de numéro un en thé et infusion bio (38,5 % de PDM). Pour le repas bio (ambiant) où il est leader avec 16,7 % de PDM (81,5 millions d’euros, +20,8 %), Jardin bio va se renforcer sur les repas en sachets souples et les sauces tomate. Quant au traiteur, il verra le lancement de bowls micro-ondables, de nouvelles présentations pour les pizzas mais aussi d’une gamme végétale (blocs, saucisses et burgers) en s’appuyant sur le savoir-faire de Biosurya.

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Le marché biologique français, estimé en 2017 à 8 milliards d’euros, va continuer de se développer à un rythme soutenu selon Charles Kloboukoff qui estime qu’il pourrait atteindre 12 milliards en 2020 et 20 milliards en 2025. Pour Léa Compagnie Biodivesité, le dirigeant prévoit que ses ventes atteindront 430 millions d’euros en 2018, et 650 millions d’euros en 2020, hors impact d’éventuelles opérations de croissance externe.

Les sites concernés par le programme d’investissement 2017-2020

– 21 millions d’euros sont investis sur le site Bioviver de Damazan (Lot-et-Garonne) pour produire des sachets repas et des conserves. L’activité de doypacks (12 millions de sachets) a commencé il y a un an et une nouvelle ligne de conserves pasteurisées est prévue pour avril 2019 (30 millions de bocaux en verre).

– 10 millions d’euros pour une ligne Tetra Pack (7 millions de bouteilles) installée sur un terrain adjacent à l’usine de jus de fruits et légumes Vitamont à Monflanquin (Lot-et-Garonne).

– 8 millions d’euros pour une nouvelle ligne de transformation de céréales et de graines sur le site de Peaugres (Ardèche) d’ici 2019-2020.

– 6 millions d’euros investis en totalité dans la biscuiterie Jean et Lisette à Saint-Jean-d’Angély (Charente-Maritime) avec d’autres investisseurs (Léa Compagnie Biodiversité est investisseur minoritaire). Le démarrage se fait ce printemps pour une capacité de production de 8 millions de paquet de biscuits sur une surface de 2400 m2.

– 5 millions d’euros dans une ligne de produits extrudés avec des fruits à coques, logée dans un bâtiment voisin du site Alpha Nutrition de La Séauve-sur-Semène (Haute-Loire). La capacité totale de production du site sera de 22 millions d’unités.

– 4 millions d’euros dans le traiteur bio (6,2 millions d’unités produites en 2017) sur deux sites : salades à Saint-Chamond (Loire) où un nouveau site est construit (BPC-Kambio) et pizza à Seissan (Gers) où une nouvelle ligne est entrée en production début 2018.

– 4 millions d’euros à Périgny (Charente-Maritime) pour augmenter les capacités du pôle plantes, infusions, thé et phytothérapie (13 millions de boîtes d’infusions en 2017).

– 9 millions d’euros pour agrandir les sites logistiques de Périgny, Peaugres et Monflanquin.