Créée en 1989 dans le Pas-de-Calais, l’entreprise Staphyt est spécialisée dans la recherche et l’homologation de produits phytosanitaires, de semences et d’engrais. Après s’être imposée en France, elle développe désormais ses activités sur les continents européens, africains et américains.
Des racines dans le Pas-de-Calais, mais un rayonnement mondial… Depuis 1989, l’entreprise Staphyt s’est imposée comme l’un des leaders des essais de produits phytosanitaires, et de leur homologation. Tout commence il y a trente-trois ans lorsque Catherine et Jacques Boisleux décident d’installer une station expérimentale sur l’exploitation familiale d’Inchy-en-Artois, située dans le Pas-de-Calais. Catherine Boisleux travaille alors en tant qu’ingénieure agronome pour l’entreprise Sopra, où elle y teste des fongicides. Son mari, installé dans le nord de la France, est quant à lui agriculteur. Tous deux souhaitent concilier leurs savoir-faire, et c’est ainsi que germe l’idée de Staphyt.
À l’époque, les producteurs de produits phytosanitaires sous-traitent de plus en plus les essais à des sociétés de recherche contractuelles spécialisées. Pour les groupes, l’externalisation représente un réel « avantage » car ils peuvent « se concentrer sur leur activité, sans avoir à disposer d’une équipe de techniciens dans les différentes zones d’homologation de leurs produits, avec le matériel et les agréments que cela nécessite », souligne la co-fondatrice de Staphyt.
Rapidement, l’entreprise familiale et indépendante – 90 % du groupe appartient aux Boisleux et les 10 % restants aux salariés qui le souhaitent –, assoit sa présence dans plusieurs régions de France : la Picardie, la Champagne, le Centre-Val de Loire. « Notre point fort est de pouvoir proposer avec nos équipes un ensemble de services qui va du stade préliminaire jusqu’à la phase d’homologation des produits. Ce savoir transversal rassure nos clients », fait valoir Catherine Boisleux.
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Un ancrage territorial, une aura mondiale
L’attachement de la famille à Inchy-en-Artois – où se situe toujours le siège de Staphyt –, ne l’a pas empêchée de voir grand. En 2009, le couple Boisleux apprend qu’une entreprise est à céder en Pologne. Cela marque le début de leur croissance européenne, avec d’autres acquisitions en Allemagne et en Grande-Bretagne. L’internationalisation se poursuit six ans plus tard, avec l’acquisition d’une station à Meknès, au Maroc.
L’Amérique latine a par la suite éveillé la curiosité de l’entreprise, qui y a conclu quatre acquisitions successives. Dernière en date, le groupe Phytus (70 salariés pour 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) en septembre 2022, qui mène des essais de semences et de toxicité. L’année passée, elle a mis la main sur l’entreprise de R & D en agronomie Promip serviços, spécialisée dans les cultures du soja, de la canne à sucre, du maïs et des agrumes. Dans le domaine réglementaire, Staphyt a intégré les sociétés Leisor et Plurie en 2021. Elle est ainsi devenue la plus grande équipe de conseil en affaires réglementaires du Brésil et de l’Amérique Latine. Pourquoi le Brésil ? Car « il dispose de grandes régions agricoles, un des premiers pays agricoles avec besoin de disposer de produits phytosanitaires qu’il s’agit de tester et d’homologuer. À la différence des États-Unis – où chaque État à son propre système d’homologation – ce pays a également la particularité de fonctionner selon un système similaire à celui de la France ».
Aujourd’hui, le groupe Staphyt est présent dans seize pays, et il a développé un réseau de partenaires dans les pays où il n’est pas installé. Mais les ambitions de la PME pas-de-calaisienne ne s’arrêtent pas là. En 2021, le groupe a acquis le laboratoire Rovaltain à Valence, dans la Drôme, en 2021 qui étudie notamment les effets des substances chimiques sur l’environnement. Prochain défi : participer à l’évolution de l’agriculture durable « en trouvant des intrants plus respectueux de l’environnement ».