Abonné

Développement L’eau, enjeu crucial de l’agriculture du Maghreb

- - 3 min

Les travaux avancent pour tenter de relever le défi de l’eau dans les pays du Maghreb. En dépit des effets du réchauffement planétaire, des raisons d’être optimistes existent. Mais le risque d’une crise alimentaire dans cette région persiste néanmoins.

L’agriculture du Maghreb doit relever deux défis : assurer l’alimentation d’une population en forte croissance ; réduire sa consommation en eau. Voilà comment Patrick Caron, directeur environnement et société au Cirad, définit l’énorme enjeu de l’agriculture au sud de la Méditerranée. Il s’exprimait à l’occasion d’une rencontre au Salon de l’agriculture organisée le 23 février par Farm et le Cirad, rencontre qui fit salle comble avec des personnalités venues souvent de très loin.

C’est en tout cas une montagne de problèmes auxquels les agriculteurs de la région doivent faire face, notamment en ce qui concerne la gestion de l’eau : mettre fin à la surexploitation des eaux souterraines, traiter les risques de salinisation et de pollution. Des progrès peuvent être constatés ici ou là en ce qui concerne la gestion collective de l’eau. Mais la question va être rendue plus difficile du fait du réchauffement climatique.

La question est d’autant plus urgente, à entendre Bertrand Hervieu, secrétaire général du CIHEAM (Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes). Car le modèle de développement ne peut pas reposer sur une agriculture en concentration comme ce fut le cas en Occident. Ni même par un recours aux importations de céréales quoiqu’ils soient massifs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

céréales
Suivi
Suivre
consommation
Suivi
Suivre

Persistance d’une population rurale

La population rurale et agricole est en effet en hausse, tout comme la population urbaine, alors même que les surfaces exploitables tendent à diminuer. Les pays du Maghreb se caractérisent donc par des fermes « timbres-poste » qui coexistent avec de très grosses exploitations apppartenant à des firmes. « Evacuer la question agricole serait rayer 70% de la population de ces sociétés », affrime Bertrand Hervieu.

Directeur du « Plan Bleu », une organisation internationale spécialisée dans les problèmes d’eau de la région méditerranéenne, Henri-Luc Tibault constatait en outre que tous les pays du sud méditerranéen sont touchés par une baisse des précipitations. Au Maroc et en Algérie, les populations locales sont confrontées à des baisses de 10-15% de la ressource en eau. De plus, d’ici 2050 les 3 pays du Maghreb seront en situation de pénurie d’eau (moins de 500 m3 d’eau disponible par habitant et par an). En même temps, « les pertes sont extrêmement fortes » entre le moment où l’eau est recueillie et le moment où elle est utilisée. Tout n’est pas noir pour autant selon le directeur du plan bleu. « En Algérie, on devrait être capable d’équilibrer le bilan de l’eau ». Henri-Luc Tibault insistait aussi sur la nécéssité d’agir sur la demande autant que sur l’offre.