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Chambres d’agriculture L’écart de revenu croissant entre éleveurs et céréaliers inquiète l’APCA

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À l’occasion de ses vœux à la presse, le président de l’Assemblée des chambres d’agriculture s’est vivement inquiété de l’écart croissant des situations entre producteurs de grandes cultures et éleveurs. Pour lui, les solutions préconisées par le gouvernement ne sont pas convaincantes.

«Il y a des écarts qui se creusent et qui doivent se réduire », s’est inquiété Guy Vasseur, le président de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) à propos des différences de revenus et de situation économique entre producteurs de grandes cultures et éleveurs. Une inquiétude manifestée à l’occasion de ses vœux à la presse le 8 janvier.
Face à cette situation, Guy Vasseur ne s’est pas montré très favorable à l’idée émise par Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, consistant à donner une surprime aux 50 premiers hectares pour compenser les risques de la convergence des aides européennes. Un mécanisme qui n’apporterait pas, études à l’appui, les retombées attendues pour les producteurs de lait, par exemple. Le président de l’APCA estime que « le ministre a annoncé cette décision de manière un peu abrupte ». Évoquant l’idée également émise de tenir compte des hectares de surface fourragère, il a surtout estimé que le principe « du recouplage des aides Pac n’est pas forcément à écarter. » Favorable à la convergence des aides au niveau national, Guy Vasseur estime qu’il faut en tout cas tenir compte de la nature de chaque production concernée. Mais il n’y a pas que cela.

Marche trop haute pour le verdissement

« Ne doublons pas la convergence d’une marche trop haute à gravir en matière de verdissement de la Pac ». Un taux de 30%, comme il est envisagé, est trop important, pour l’APCA qui préfèrerait un taux entre 10% et 20%. D’autant que les agriculteurs n’ont attendu ni la Pac ni l’agro-écologie de Stéphane Le Foll pour adapter leurs techniques à des exigences environnementales. Réagissant au soutien du ministre accordé à l’agro-écologie, il a estimé que « cela fait belle lurette que les agriculteurs se sont engagés dans le produire autrement ». Pour lui, c’est dans l’innovation en permanence qu’on doit puiser le « produire autrement ». Mais c’est aussi dans une Politique agricole commune « dont le budget ne doit pas diminuer » et qui doit être dotée d’outils de régulation efficaces (participation au stockage international, quotas betteraviers, droits de plantation viticoles, etc.). Et de rappeler les propos du commissaire européen à l’agriculture : « La sécurité alimentaire quantitative de l’Europe n’est jamais acquise une fois pour toute ».

« Débat d’idées sans démagogie »

C’est évidemment dans ce contexte que se situe la campagne actuelle des élections aux chambres d’agriculture. Pour Guy Vasseur, cette campagne doit donner lieu à « un débat d’idées mais pas de démagogie comme on peut en voir ici ou là ». Exemple, la question de l’aéroport de Notre Dame des Landes dont la contestation relève, pour Guy Vasseur, d’une opposition idéologique avant tout. Et de rappeler que 30 agriculteurs sur 39 concernés par les terres du futur aéroport ont accepté une compensation qu’ils se sont vu proposer. « Ce n’est pas un problème agricole, c’est une question idéologique », martèle Guy Vasseur.

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