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Commerce international  L’échec complet à l’OMC ouvre encore plus d’inconnues

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Les négociations de l’OMC, dites du cycle de Doha, lancées en 2001, ont été suspendues sine die, les six grands acteurs de ces pourparlers ayant renoncé, malgré les efforts de Pascal Lamy, à s’entendre sur la réduction des subventions agricoles et des droits de douane agricoles et industriels.

L’échec enregistré à la réunion de Genève du 24 juillet conduit à une suspension des négociations commerciales multilatérales qui pourrait durer longtemps, de l’avis de tous. Certes, chez les Européens, Mariann Fischer Boel n’a pas exclu que les négociations « reprennent dans le futur».

L’offre de l’UE resterait valable

Pour autant, l’offre de l’UE d’octobre dernier « reste sur la table », a déclaré la commissaire européenne à l’agriculture. « Pendant ce temps, ajoute-t-elle, nous allons continuer notre processus de réforme interne – sur le vin, la banane et les fruits et légumes, derniers secteurs non encore couverts».

« Ayant été mandaté par les chefs de gouvernement au G-8 à venir ensemble pour montrer plus de flexibilité, je pense que chacun de nous a joué le jeu, excepté les Etats-Unis », a expliqué de son côté Peter Mandelson, le commissaire européen au commerce. Ces derniers « n’ont pas voulu accepter, ou même reconnaître, la flexibilité des autres et, en conséquence, ont été incapables d’en faire preuve eux-mêmes sur la question des subventions agricoles ». Ils « ont jugé qu’il serait préférable que le processus de négociation soit interrompu à ce stade ». M. Mandelson avait pourtant signalé avant et pendant la réunion que l’UE était prête à porter ses « baisses moyennes » de droits de douane agricoles « près du niveau demandé par le G-20 » (pays émergents) : « élimination totale des subventions à l’exportation, réduction de 75% du soutien interne qui fausse les échanges, possibilité d’aller jusqu’à 50% de baisse tarifaire moyenne et de parler du nombre et du traitement des produits sensibles ».

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Quid pour 2013 ?

Les professions qui en France ou en Europe préféraient un accord rapide plutôt que ce constat d’échec semblent en tout cas être sous le choc. Parmi elles, les industriels européens de l’agroalimentaire qui se contentent de déplorer, à travers la CIAA, une telle issue.

Du côté agricole en France, le vice-président de la Fnsea, Xavier Beulin, a stigmatisé « l’obstination des négociations dans la mauvaise direction » : force est de constater, selon lui, qu’ainsi aucune condition n’était réunie pour un accord. D’un point de vue technique, la question est de savoir si l’accord de Hong Kong sur la fin programmée des restitutions en 2013 reste valable face à une absence d’accord global. La semaine dernière, en marge d’une réunion du Copa, la question avait été posée au Commissaire Peter Mandelson et il avait répondu par la négative car l’enjeu était de négocier un accord global. Pour le détail, la balle est dans le camp de la Commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel, avait-il lancé.