Dans un article publié fin mars dans Nature Sustainability, des chercheurs canadiens concluent que « les petites fermes, en moyenne, ont des rendements plus élevés et accueillent une biodiversité cultivée et sauvage plus importante à l’échelle de la ferme et du paysage que les grandes exploitations ». Rapportés au temps de travail, précisent-ils, « les résultats sur le rendement sont identiques ». Une observation qui suggère, selon les chercheurs, que la meilleure productivité des plus petites exploitations serait liée à la forte disponibilité en main-d’œuvre familiale.
Se penchant sur près de 154 espèces cultivées, les auteurs observent qu’il existe « une forte relation inverse au niveau mondial entre le nombre d’espèces cultivées à l’échelle du paysage et la taille des exploitations ». Un phénomène qu’ils attribuent à la priorité accordée dans les petites exploitations à la nutrition, à la diversification et à la gestion des risques de sécheresse. En matière de biodiversité sauvage, « la littérature décrit trois facteurs clés qui pourraient expliquer en quoi des fermes de plus petite taille peuvent être bénéfiques », poursuivent les chercheurs. Parmi ces facteurs se trouveraient des utilisations réduites d’insecticides, de plus grands linéaires de bords de champs, ainsi qu’un paysage plus divers, comprenant également bois et zones humides.
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Aucune relation statistiquement significative n’a en revanche été trouvée entre la taille des exploitations et « l’efficience des intrants, les gaz à effet de serre, ou les profits ». Si les revenus des petites exploitations sont plus importants à l’hectare dans des pays comme l’Inde, ou l’Éthiopie, ils seraient en revanche plus faibles dans des pays développés comme les États-Unis, « ce qui suggère que les petits exploitants ont un meilleur accès aux marchés, intrants et technologie dans les pays où ils sont les plus représentatifs ». Près de 85 % des exploitations dans le monde font moins de deux hectares, mais elles cultivent seulement 14 % de la SAU mondiale.