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Lait/Prix Leclerc fait des propositions pour une meilleure rémunération du lait

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Comme annoncé il y a quelques jours et après avoir étudié plusieurs scenarii possibles, Michel Edouard Leclerc propose une solution pour « s’assurer qu’une éventuelle nouvelle hausse de nos tarifs d’achat du lait aux transformateurs bénéficie réellement aux producteurs ». Rappelant qu’il n’achète pas directement le lait aux producteurs, il ne voit qu’une solution unique susceptible de faire consensus pour sortir de la crise actuelle qui voit les agriculteurs manifester leur colère à l’égard des enseignes de distribution. Celle-ci repose sur un « accord volontaire sur les prix ». Mais sous certaines conditions.

Quatre conditions à respecter

Cependant, échaudé par des initiatives antérieures ayant mené à des accords avec les producteurs (fraises, pommes de terre, endives) qualifiés « d’ententes par les autorités » et sanctionnés par des amendes de plusieurs millions pour tout le monde, Michel-Edouard Leclerc pose quatre conditions. Tout d’abord, il veut « la garantie que cet effort financier retombera intégralement dans la poche des producteurs ». Il demande « que les pouvoirs publics prennent l’engagement officiel de ne pas nous sanctionner pour avoir réalisé une entente sur les prix, alors même qu’ils poussent à ce que nous concluions ce type d’accord avec les producteurs ». Il veut « que cet effort soit mis en œuvre par tous les partenaires de la filière : transformateurs, distributeurs (y compris les hard discounters allemands), collectivités locales ». Enfin, il veut un arrêt « immédiat et durable des attaques contre les magasins ». Michel-Edouard Leclerc tient à préciser qu’il fait ces propositions alors qu’il n’est pas membre de l’interprofession et que son enseigne ne « pèse que 15% du lait de consommation, qui lui-même ne représente que 10% des volumes de lait produits en France ». Aujourd’hui, le prix du lait est essentiellement déterminé par les cours mondiaux des produits dérivés du lait. En aucun cas les distributeurs ne peuvent être tenus pour responsables des difficultés des producteurs laitiers, rappelle-t-il.
La FNPL se dit satisfaite de cette proposition, tout comme de la position présentée la semaine précédente par Serge Papin de Système U pour une meilleure prise en compte des charges supportées par les éleveurs, constatant un pas en avant dans la bonne direction. Elle espère que ces avancées seront débattues et prises en compte lors de la table ronde, le 8 avril prochain, sur l’avenir de la filière laitière.

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