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Foncier L’économie agricole soutient de nouveau les prix des terres

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Après deux années de stabilisation, le prix des terres agricoles remonte de 3,4 %, soutenu par la hausse des revenus de la profession. Une progression qui devrait se poursuivre.

A 4 900 euros par hectare, le prix de la terre agricole s’affiche en hausse de 3,4 % en 2007 par rapport à 2006. Cette embellie fait suite à deux années de prix stables. Selon la Fédération nationale des Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui présentait son enquête annuelle le 20 mai à Paris, elle est due à la hausse du pouvoir d’achat des agriculteurs permise par l’augmentation de leurs revenus due à la progression des prix des grandes cultures. « C’est à nouveau l’économie agricole qui soutient les prix », s’est réjoui Robert Levesque, responsable du département Etudes de la FNSafer. Ce qui n’était plus le cas depuis une dizaine d’années. Si de 1997 à 2005 les prix des terres ont poursuivi leur hausse, c’était à cause de la diminution des taux d’intérêt qui permettait aux acheteurs citadins ou ruraux non-agriculteurs de payer plus cher. Mais dans le même temps, le revenu agricole était, lui, en baisse. L’an prochain, les prix devraient logiquement poursuivre leur progression : les chiffres de 2007 n’intègrent qu’une partie de l’augmentation des revenus des céréaliers, notamment.

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Disparités régionales

Si, globalement, les prix des terres augmentent, les disparités régionales restent fortes. En Bourgogne ou même dans certaines parties de Bretagne, les prix restent sages, alors que dans des zones comme le Bassin parisien, les terres se négocient bien au-delà de 5 000 euros/hectare. Dans le sud de la France, les parcelles ensoleillées proches du littoral ou bien celles portant des productions spécialisées se vendent à prix d’or. Quoi qu’il en soit, le marché des terres agricoles ne représente en valeur qu’une petite partie (22 %) du marché de l’espace rural. Maisons à la campagne et biens destinés à l’artificialisation constituent 69 % du marché, bien qu’ils ne comptent que pour 17 % des surfaces. Cette pression grandissante sur le foncier inquiète la Safer. D’autant plus que « les achats des collectivités qui progressent se cumulent avec les projets privés et accélèrent le processus d’artificialisation des terres agricoles au lieu de freiner le phénomène », estime André Thévenot, président de la FNSafer.