Les 1ères Assises de l'économie circulaire se tenaient à Paris, le 17 juin. L'occasion pour les acteurs français et internationaux de témoigner d'un début de changement de paradigme économique… à confirmer.
Le 18 juin, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, présentait en Conseil des ministres les grandes lignes du projet de loi de programmation sur la transition énergétique. L'article 20 prévoit l'inscription de l'objectif de « transition vers une économie circulaire ». Dans ce projet de loi, qui doit être voté par le Conseil des ministres en juillet prochain, la notion d'économie circulaire entrerait dans le Code de l'environnement. Des objectifs concrets sont déclinés en matière de prévention et de gestion des déchets à horizon 2020-2025. L'article 22 « ancre l'économie circulaire dans la transition énergétique, en affirmant le principe de proximité dans la gestion des déchets et en permettant une meilleure valorisation des déchets de bois ». La veille, les 1ères Assises de l'économie circulaire se tenaient à Paris. Les spécialistes et acteurs internationaux de l'économie circulaire étaient réunis pour dresser un état des lieux de ce « nouveau » modèle économique. « Alternative » pour les uns, « sortie de secours » pour les autres, l'économie circulaire réunit un consensus pour ne pas rester dans un modèle d'économie dit « linéaire ». Arab Hoballah, chef du service consommation et production durables pour le Programme des Nations unies (PNUE), a rappelé que « le taux de recyclage dans le monde est catastrophiquement bas ». La marge de progression pour entrer dans le modèle d'économie circulaire est immense.
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Energie, recyclage, gaspillage…l'agriculture, la forêt et l'agroalimentaire sont directement concernés par le nouveau modèle économique montant. « L'énergie biomasse, première énergie renouvelable en France, est en grande partie alimentée par les plaquettes forestières », rappelle Julien Bluteau, secrétaire général de l'UCFF (Union de la coopération forestière française). Le ministère français de l'Agriculture a mis en place un plan national contre le gaspillage alimentaire, le ministère de l'Ecologie renforce le soutien à la méthanisation et aux énergies renouvelables en général. Néanmoins, l'engouement pour l'économie circulaire convient d'être nuancé. Selon l'Observatoire des consommations émergentes (2012), 22% des personnes interrogées voudraient pouvoir consommer plus et 26% aime la manière dont elles consomment et ne souhaitent pas changer leurs habitudes. Ces résultats tirés d'une étude de l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) et du Crédoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie) publiée en juin 2014, montrent que « le moral des ménages est au plus bas depuis 35 ans, la peur du chômage et de la pauvreté détournent, en partie, l'attention de l'environnement ». Autrement dit : toutes les classes sociales ne se sentent pas forcément concernées par ce changement économique. Arab Hoballah fait le même raisonnement à l'échelle des pays, affirmant que toutes les régions du monde ne pourront pas changer de paradigme économique du jour au lendemain : « En Europe et aux Etats-Unis, la consommation se stabilise. Mais il ne faut pas oublier les Chinois, les Indiens, les Indonésiens… qui n'ont pas encore satisfait leurs besoins primaires ».
Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique social et environnemental (CESE), soutient, lui, qu'il faut « complètement investir dans l'école. Eveiller les consciences et non plus seulement les éduquer