L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de lancer une consultation publique portant sur les évaluations pilotes des risques pour l’homme liés aux résidus de pesticides multiples dans l'alimentation.
Les acteurs concernés par cette action (industrie, consommateurs, professionnels de la santé, ONG, etc.) peuvent soumettre leurs observations jusqu’au 15 novembre 2019 sur deux évaluations pilotes effectuées par l’EFSA: évaluation des effets chroniques sur le système thyroïdien et évaluation des effets aigus sur le système nerveux. Une conclusion préliminaire générale de l’EFSA pour ces deux évaluations indique que le risque que représente pour le consommateur l'exposition cumulée par l’intermédiaire de l'alimentation est « inférieur au seuil qui justifierait une action réglementaire et ce, pour tous les groupes de population couverts ». Les substances considérées dans les évaluations ont été identifiées par les experts en pesticides de l'EFSA sur la base d’une méthodologie spécialement conçue pour classifier les pesticides en « groupes d’évaluation cumulative » (GEC). Cette méthodologie repose sur l'hypothèse que des pesticides qui provoquent les mêmes effets spécifiques peuvent engendrer une toxicité cumulée. Les experts de l’EFSA rappellent que le règlement communautaire sur les limites maximales de résidus de pesticides dans les aliments (LMR)(1) stipule que « dans toute décision sur les LMR, les effets cumulés des pesticides doivent être pris en considération lorsque des méthodes permettant d'évaluer ces effets sont disponibles ».
Les résidus de pesticides ne devraient avoir aucun effet nocif sur la santé
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Ils ajoutent que ces règles établissent également que les résidus de pesticides ne devraient avoir aucun effet nocif sur la santé humaine, compte tenu des effets cumulatifs et synergiques connus. Quand on pose la question de savoir pourquoi ils travaillent sur l’évaluation des risques cumulés des pesticides, ils répondent que les risques pour les consommateurs liés à la présence de résidus de pesticides dans les aliments sont actuellement évalués substance par substance. Or, précisent-ils, « un certain nombre de pesticides présentent des effets similaires et leur impact sur la santé humaine pourrait être plus important lorsqu’ils sont combinés ». Sur quelles données les conclusions préliminaires optimistes de l’EFSA ont-elles été fondées ? Les experts précisent que l'EFSA a fondé ses conclusions sur l’ensemble des données collectées par les États membres de l'UE dans le cadre de la surveillance officielle des résidus de pesticides dans les aliments en 2014, 2015 et 2016, et en les combinant aux données sur la consommation alimentaire de dix groupes d’individus diversifiés. Ces groupes ont été sélectionnés afin d'obtenir une répartition représentative de zones géographiques et de tranches d'âge différentes. Les groupes constitués sont les suivants : enfants en bas âge (Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni) ; enfants plus âgés (France, Bulgarie, Pays-Bas) ; adultes (Belgique, Tchéquie, Allemagne, Italie).
(1) Règlement 396/2005 qui est entré en application le 1er septembre 2008.