Dans un rapport de la commission du contrôle budgétaire, le Parlement européen estime que le dispositif mis en place par l'Autorité européenne de sécurité des aliments pour se prémunir contre les conflits d'intérêts de ses experts n'est pas suffisant.
DANS son rapport sur l'exécution du budget de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour l'exercice 2012, le Parlement européen constate que la révision de la procédure d'évaluation des éventuels conflits d'intérêts au sein de l'Efsa n'a pas permis de dissiper les craintes quant à l'impartialité de ses experts. Le rapporteur de la commission du contrôle budgétaire, Petri Sarvamaa (PPE, Finlande) estime donc que l'Efsa devrait appliquer une période d'attente de deux ans avant de recruter un expert lié par des intérêts au secteur agroalimentaire, y compris le financement des recherches, des contrats de consultants et des postes de décision dans les organisations contrôlées par l'industrie. Le rapporteur propose également que les formulaires actuels de déclaration d'intérêts soient améliorés et comportent notamment des informations sur : la question de savoir si les intérêts déclarés ont fait l'objet d'une rémunération ; le montant de la rémunération ; la participation à des conférences liées à l'industrie et l'institution couvrant les frais. Il est également proposé d'exclure les organisations financées à plus de 50 % par des sources autres que des sources publiques.
Enfin, même si des efforts ont été réalisés, le rapport estime que l'Efsa « devrait accorder plus d'attention à l'opinion publique et à s'engager à mener autant que possible un dialogue ouvert et transparent ».
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SUITE à une plainte dépose par l'ONG Pesticide Action Network Europe (PAN Europe) accusant l'autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) de conflits d'intérêts dans l'évaluation des pesticides, la médiatrice européenne, Emily O'Reilly, a clos l'affaire estimant qu'aucune condamnation n'était nécessaire. Pour Emily O'Reilly, il y a néanmoins eu une mauvaise administration de la part de l'Efsa qui n'a pas répondu aux allégations avancées par le plaignant et qui n'a donc pas cherché à prouver l'absence de conflits d'intérêts au sein de ses groupes de travail. « Il est important d'avoir une bonne administration mais il importe aussi qu'aux yeux des citoyens, ces bonnes pratiques soient visibles », écrit-elle. Pour PAN Europe, ce verdict confirme la grande confiance qu'accorde l'Efsa à l'industrie et le dédain que l'autorité a envers les ONG. L'Efsa a indiqué qu'elle analysera en détails les conclusions de la médiatrice tout en se montrant confiante dans le fait que son initiative actuelle sur la transparence contribuera à renforcer la confiance dans ses pro-cessus de décision.