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Santé L'EFSA invitée à formuler un avis scientifique sur l'apport en sucre aux aliments

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L'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a été invitée par la Commission européenne à rédiger – d'ici à 2020 – un avis scientifique sur l'apport quotidien en sucres ajoutés dans les denrées alimentaires. Objectif : déterminer un seuil maximal d’exposition quotidienne – scientifiquement fondé – aux sucres ajoutés en vue d'aider les Etats membres à élaborer des recommandations nutritionnelles pour lutter notamment contre l'obésité, les diabètes et les maladies cardiovasculaires.

Les paramètres sanitaires qui seront étudiés par les experts de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité alimentaire) incluront le poids corporel, l'intolérance au glucose et la sensibilité à l'insuline, le diabète de type 2, les facteurs de risque cardiovasculaire ainsi que les caries dentaires. Dans leur évaluation, les scientifiques européens étudieront la population générale en bonne santé, y compris les enfants, les adolescents, les adultes et les personnes âgées. Leur avis scientifique contribuera à épauler les États membres de l'UE dans la formulation de conseils en matière de consommation de sucres ajoutés et dans l’élaboration de recommandations nutritionnelles exprimées en termes d’aliments. Les sucres ajoutés issus de toutes les sources d’exposition comprennent le saccharose, le fructose, le glucose, les hydrolysats d'amidon tels que le sirop de glucose, le sirop à teneur élevée en fructose ainsi que d'autres préparations de sucre utilisé en tant que tel ou ajouté pendant la préparation et la fabrication des aliments.

Un accompagnateur clandestin

Yaourts, sodas mais aussi vinaigrettes industrielles, pizzas, charcuterie ou carottes râpées en barquette… Le sucre est présent en quantités différentes, dans tous ces aliments. Pour l'industrie agroalimentaire, l'adjonction de sucre a plusieurs utilités (atténuer l'acidité des produits, donner de la coloration ou de la texture, limiter le développement microbien…). Et pour éviter de signaler la trop grande présence de sucre dans les aliments les industriels utilisent toutes les appellations possibles (saccharose, lactose, fructose, maltose, dextrose…). Plusieurs noms qui cachent pourtant la même réalité : ajouter du sucre sans que le consommateur puisse en déterminer la quantité exacte. Une pratique qui déplaît à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) et à d'autres organismes de santé qui assurent que l'omniprésence de sucre dans l'alimentation pose un problème de santé publique. La surconsommation de sucre est cause de surpoids, de diabète ou de différentes maladies cardiovasculaires. Contre l'obésité, l'OMS veut diminuer notamment les sucres « cachés » ou « libres » (sucres ajoutés aux aliments par le fabricant) et recommande de limiter la consommation de sucres ajoutés à un maximum de 50 grammes de sucres environ par jour (12 cuillères à café) et ce qui serait encore meilleur pour la santé à 25 grammes de sucre par jour (6 cuillères à café).

Une initiative des 5 pays scandinaves

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Commission européenne
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C'est la Suède qui coordonne la demande faite à l’EFSA – au nom des cinq pays nordiques – de préparer un avis scientifique sur les apports en sucre aux aliments. L'EFSA mettra en place prochainement un groupe de travail spécifique rassemblant des experts spécialisés en exposition alimentaire, épidémiologie, nutrition humaine, maladies chroniques liées à l'alimentation et dentisterie. Les cinq pays nordiques ayant initié ce mandat seront invités à participer au groupe de travail en qualité d'observateurs. Pour établir le protocole de cette évaluation, l'EFSA utilisera sa méthodologie « Prometheus -PROmotion de METHodes » pour l’utilisation des preuves dans les évaluations scientifiques. Cette méthode décrit en détail comment l'EFSA sélectionne les éléments de preuve, comment ces données étayent l'évaluation et comment l'EFSA rend compte de l'ensemble du processus et de ses résultats. L'EFSA impliquera les parties prenantes tout au long du processus d'évaluation. Deux consultations publiques sont programmées à ce sujet. Lors de la première consultation (premier semestre 2018), les parties prenantes pourront faire part de leurs observations sur le projet de protocole, tandis que la deuxième consultation (fin 2019), portera sur le projet d'avis scientifique proprement dit. Une rencontre en personne avec les parties prenantes est également prévue.

Intérêt grandissant de la société civile

En 2010, l'EFSA a publié un avis scientifique sur les valeurs nutritionnelles de référence pour les glucides et les fibres alimentaires, qui couvrait également le sucre. Les valeurs nutritionnelles de référence indiquent la quantité d'un nutriment donné dont les gens ont besoin pour être en bonne santé, en fonction de leur âge et de leur sexe. À l’époque, les données scientifiques disponibles étaient insuffisantes pour permettre d’établir une limite supérieure pour l'apport quotidien en sucre global ou en sucres ajoutés. De nouveaux éléments scientifiques sont apparus depuis lors et on observe en outre un intérêt grandissant du public en ce qui concerne l'impact sur la santé humaine de la consommation d'aliments et de boissons contenant du sucre.