Les effectifs d’élèves de l’enseignement agricole seraient en légère hausse à la rentrée 2004, selon les estimations données au 31 août par la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER). Dans l’enseignement agricole privé, le nombre d’élèves inscrits suit cette tendance. Aucun chiffre n’est disponible pour l’enseignement agricole public. Le désintérêt des élèves pour certaines filières se confirment.
«L’enseignement agricole technique attend environ 173 000 élèves pour la rentrée 2004. Cette estimation montre une stabilité globale des effectifs », a annoncé la DGER. Les chiffres traduisent cependant une augmentation des effectifs d’élèves, évalués à
171 000 à la rentrée 2003 (contre 172 122 à la rentrée 2002).
Les Maisons familiales et rurales (MFR) annoncent plus de 67 000 jeunes et adultes en formation dans leurs établissements dont 49 500 élèves contre 48 500 en 2003, soit une augmentation de 1000 élèves.
« Dans un contexte de baisse démographique (...), ces prévisions confortent si besoin était les choix associatifs, pédagogiques et éducatifs qui correspondent (...) aux besoins des jeunes et de la société », se réjouissent les MFR. Les MFR notent une demande « importante » pour les classes de 4e et de 3e, une « augmentation substantielle des niveaux V et IV (bac et brevet de technicien) » et le « fléchissement des BTSA ». Bien qu’elles ne disposent pas encore d’analyses par filière, elles enregistrent une tendance à la baisse des inscriptions dans les filières de productions qui semblent pâtir de la conjoncture.
Les filières de production attirent de moins en moins d’élèves
Le Conseil national de l’enseignement agricole privé (Cneap) ne peut encore donner une estimation chiffrée de ses effectifs mais annonce une « légère progression » et « une forte résistance de l’enseignement agricole » compte tenu du contexte démographique. Le Cneap constate également un affaiblissement des inscriptions dans les classes d’entrée en filières de production pour des raisons qui sont expliquées par les parents d’élèves aux chefs d’établissements : manque de visibilité de l’agriculture (qui dépend d’une nouvelle Pac), baisses de revenus annoncées, difficulté à s’installer.
« La tendance n’est pas nouvelle mais elle s’aggrave, explique Yvon Le Norcy, secrétaire général du Cneap. Tous les établissements et toutes les régions font le même constat. On assiste à ce qui s’est passé en 1984 dans le secteur laitier avec l’arrivée des quotas laitiers».
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D’autre part, les formations agro-alimentaires montrent toujours « une faible attractivité » auprès des élèves.
Effectifs par classe plafonnés dans le public
Dans l’enseignement public, aucune estimation chiffrée n’est disponible. Selon le Syndicat national de l’enseignement technique agricole public (Snetap), la DGER a donné pour consigne aux chefs d’établissements de plafonner les inscriptions afin d’éviter des dédoublements de classes pour des raisons budgétaires. Ce qui pourrait jouer sur l’évolution globale des effectifs.
La DGER conteste cette information et précise qu’ « aucune instruction n’a été donnée aux établissements pour plafonner leurs effectifs ». « Les établissements ont reçu pour l’année scolaire 2004-2005, une dotation globale horaire qu’ils gèrent en toute autonomie », ajoute t-elle.
« La DGER ne donne pas de consigne directement aux établissements mais les Services régionaux de la formation et du développement (SRFD), qui sont l’équivalent des rectorats, ont reçu pour consigne de la DGER de négocier avec les responsables d’établissements des effectifs par classe pour éviter les dédoublements », précise Annick Mérien, secrétaire générale du Snetap.
Enfin, toutes les composantes de l'enseignement restent attentives à l'évolution des inscriptions en BTS, en déclin depuis deux ans.