Est-ce possible de bâtir « une filière territoriale en Occitanie, de production et de valorisation de légumineuses à graines » ? Telle est la question posée aux acteurs économiques de la région autour du projet Fileg, lancé officiellement le 19 octobre dans le cadre des 2e Rencontres francophones sur les légumineuses à Toulouse.
« Tous les feux sont au vert pour les légumineuses », souligne Christophe Vogrincic, de l’institut technique Terres Inovia, lequel porte l’ambition de créer une filière en Occitanie, accompagné notamment par l’Inra, le pôle de compétitivité Agri Sud-Ouest Innovation, l’Anils (interprofession) et le lycée agricole de Toulouse. « Leur consommation affiche +12 % l’an dernier en France », appuie-t-il. La production se développe dans la région, notamment via les coopératives Arterris et Qualisol. Mi-septembre, Arterris affichait comme objectif de doubler ses surfaces de légumineuses d’ici à dix ans (le groupe pèse aujourd’hui 6 000 t de pois chiches, 300 t de lentilles, 500 t de haricots).
Un objectif à horizon 2030
Un pari ambitieux est lancé autour du projet Fileg. C’est de disposer en 2030 d’« une filière légumineuses structurée et durable, créatrice de valeur ajoutée répartie équitablement entre tous les acteurs, avec une dynamique de R&D au financement public/privé ». Plusieurs avantages sont mis en avant. Il s’agit de sécuriser les marchés existants et accéder à de nouveaux marchés. Un acteur isolé y arrive plus difficilement, explique Christophe Vogrincic, citant le cas de Qualisol confronté cette année à une mauvaise récolte de lentilles bio.
Le projet vise aussi à améliorer la visibilité de la production en Occitanie via une identité régionale. Il doit permettre de bénéficier d’un soutien plus ciblé des pouvoirs publics en termes d’investissements, de structuration de filière, d’accès à de nouveaux débouchés comme la restauration collective. Fileg veut favoriser la coopération entre l’amont et l’aval de la filière, par une meilleure connaissance des besoins et attentes de chacun. « L’industriel de la conserve Raynal et Roquelaure n’avait pas connaissance de la coopérative Qualisol, productrice de légumes secs, à moins de 100 km de distance », relève le technicien. Autre enjeu : améliorer l’accès à la R&D pour l’innovation. « Des besoins existent en termes d’offre variétale, signale Christophe Vogrincic. Cette année, le pois chiche a connu beaucoup d’ascochytose : il manque de variétés résistantes à la maladie. »
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Etude de faisabilité
Reste à démontrer la faisabilité du projet de création de filière. Une date butoir est fixée à juin 2019 pour cette première phase de travaux. Les acteurs opérationnels de l’amont et l’aval sont invités à y participer, en dressant un état des lieux et listant les problématiques à résoudre. Plusieurs ateliers sont programmés en janvier et février sur la génétique, l’agronomie, les services écosystémiques, la transformation et la consommation. La réussite de cette étape de co-construction d’une vision stratégique territoriale conditionne l’aboutissement de Fileg.
Une consommation de légumineuses à +12 %