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Légumineuses : le succès passe par la structuration des filières

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Les 3es Rencontres francophones légumineuses ont présenté le 24 février la structuration des filières comme une clé de la réussite de ces productions, au cœur des transitions agroécologiques et alimentaires.

Le cas d’Extrusel, outil de trituration de graines françaises de colza et soja, est emblématique. Il associe des coopératives et fabricants d’aliments du bétail. En quarante ans, le projet a essuyé des échecs, faute d’usine jusqu’à la fin des années 80, puis en mal de positionnement face aux produits importés. C’est la production de soja « made in France » qui lui a redonné des couleurs. « Notre tourteau Expeller se différencie du brésilien », souligne Christophe Marcoux, DG de la coopérative Bourgogne du Sud. Le soja français est non-OGM, et affiche un taux de protéines plus élevé (48 % contre 45 %). Une qualité qui lui donne accès à de nombreuses filières, entre fromages AOP, volailles de Bresse et plus récemment des élevages fournissant Danone, demandeur d’un tourteau produit dans l’Hexagone. La réussite d’Extrusel est liée à son organisation en filière, réunissant des coopératives et fabricants d’aliments du bétail. « Tous les trois mois, un conseil d’administration » se réunit, pendant lequel s’effectue « un arbitrage sur le partage de la valeur », raconte Christophe Marcoux. L’idée est notamment que « le producteur doit être rémunéré justement ». Son prix aujourd’hui n’atteint pas encore 350 €/t, mais l’objectif est de 400 €/t.

Adéquation entre offre et demande

Autre exemple dans le pois chiche, où la coopérative Arterris contribue à structurer la filière. L’enjeu est de « mettre en adéquation l’offre et la demande », car leur équilibre reste fragile, explique Nicolas Prévost, responsable de la commercialisation et la collecte. Une forte hausse de la production est intervenue jusqu’en 2019, à la faveur de prix élevés. Cela a déséquilibré le marché, provoquant le résultat inverse. « Après deux ans d’excès d’offre, le risque est maintenant que l’industrie n’ait plus assez de pois chiche », selon lui. Arterris s’efforce d’y remédier avec des contrats sur trois ans avec les transformateurs, incluant une garantie de prix au moins annuelle pour les agriculteurs. Son travail en amont consiste à mener des expérimentations pour faire évoluer les itinéraires techniques, en proie à des impasses de plus en plus fréquentes. La coopérative investit aussi dans la génétique afin d’obtenir des variétés mieux adaptées au terroir.

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La start-up C & Dac a aussi « fait le choix d’une approche filière » concernant la féverole, affirme sa fondatrice Élise Bourcier. Son activité de R & D concerne la mise au point de produits « sains et durables » en alimentation humaine. C & Dac travaille avec des coopératives sur le choix des variétés de féverole, des procédés de première transformation. L’esprit de filière, c’est aussi d’anticiper les écueils pour « proposer de la valeur ajoutée au producteur », selon Élise Bourcier.

« Le producteur doit être rémunéré justement »