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Production bovine L’Egypte, un pays où le marché du bovin reste à conquérir

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France Génétique élevage et Interbev ont présenté au Caire (Egypte), le 16 avril, un séminaire intitulé « France : un partenaire de confiance pour l’élevage bovin en Egypte ». Financé par FranceAgriMer, il avait pour but de présenter l’offre française en termes de génétique, de viande bovine et de lait. Afin de faciliter les échanges, les opérateurs des deux pays ont exprimé les difficultés qu’ils pouvaient rencontrer : certificat sanitaire, différentiel de prix, vaccination…

L’Egypte se caractérise par un « fort déficit en production animale » pour une croissance de la population de 2% par an, conjuguée à une hausse de la consommation de viande par habitant, avance Ubifrance. Au vu de ce constat prometteur, France Génétique élevage (FGE) et Interbev ont lancé une opération de promotion des bovins français sous forme d’un séminaire intitulé « France : un partenaire de confiance pour l’élevage bovin en Egypte », au Caire le 14 avril. Financé par FranceAgriMer et organisé par Ubifrance, ce salon a permis de donner l’image d’une « équipe française filière bovine » », selon le Flash info de FranceAgriMer du 19 avril. Les opérateurs égyptiens ont pu découvrir les possibilités d’offres tant « en reproducteurs, qu’en bovins d’engraissement ou d’abattage. » D’après Ubifrance, l’Egypte produit localement 500 000 t de viande par an, un volume insuffisant pour répondre à la demande du pays (730 000 t/an environ).

Une production de viande insuffisante

« Ce déficit est très majoritairement comblé par l’import de viande surgelée », souligne Ubifrance. « En conséquence, l’Egypte est surtout un importateur de viande bovine surgelée (126 000 t environ en 2009) », observe l’organisation. L’étroitesse de la surface agricole disponible, entraînant une forte concurrence entre productions fourragères, céréalières et horticoles, expliquerait ce déficit de production. Le cheptel bovin égyptien est limité (8,3 millions de têtes) et reste « relativement stable. Il est composé pour moitié de buffles, encore très utilisés comme force de traction […]. La croissance potentielle du cheptel est fortement limitée » par la présence endémique de nombreuses maladies. La viande surgelée est principalement destinée à l’industrie alimentaire. La consommation moyenne de viande bovine est d’environ 9 kg par habitant, avec comme facteur déterminant d’achat « le prix et les opportunités », mais elle devrait progresser de 17,1%, évalue Ubifrance.

Lait et amélioration génétique, des secteurs en croissance

Les importations, toutes origines confondues, de bovins vivants ont atteint 110 000 têtes en 2010. Les bovins d’abattage et d’engraissement représentent la quasi-totalité des imports (98%) et les vaches laitières, majoritairement de race Prim’Holstein, les 2 % restant. Le secteur laitier est également en forte croissance et devrait augmenter de 11,3 % d’ici à 2014. Danone est d’ailleurs en train de construire sa première ferme (2 500 têtes). Côté amélioration génétique des troupeaux, le domaine reste relativement peu développé. « Deux opportunités se distinguent : des semences pour les bovins viandes destinés aux petites et moyennes exploitations (semences à potentiel génétique moyen et à prix bas) et des semences pour les grandes exploitations laitières (fort à très fort potentiel génétique et prix élevé) », relève FranceAgriMer.

Les négociations sont relancées entre opérateurs

Des discussions devraient être « reprises notamment sur la vaccination IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine) des bovins d’engraissement et d’abattage », souligne FranceAgriMer. Par ailleurs, il a été question de reculer l’âge des animaux à l’importation dans le certificat sanitaire. Effectivement si, dans ce certificat sanitaire, l’âge des animaux importés ne doit pas dépasser 30 mois, en pratique il est de 24 mois pour tenir compte des délais avant abattage. De son côté, France-AgriMer fait observer que la « partie égyptienne » a soulevé « les différents problèmes » auxquels elle était confrontée et qui ne lui permettait « pas d’acheter des animaux vivants et des produits à base de viande malgré l’existence des certificats sanitaires négociés. Des questions ont également porté sur le différentiel de prix entre animaux français et d’autres origines européennes », remarque FranceAgriMer.

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