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Sécurité alimentaire L’élan donné par le G20 a faibli, déplore Dacian Ciolos

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Organisé en marge de la Semaine verte, le 5e « sommet de Berlin des ministres de l’agriculture », qui a réuni les représentants de quelque 80 pays, a donné l’occasion au commissaire européen Dacian Ciolos d’insister pour que l’agriculture figure « au centre de l’agenda international » et de regretter que, en la matière, l’élan donné par le G20 ait faibli. À Berlin également, le conseil des ministres franco-allemand s’est engagé, dans une déclaration publiée le 22 janvier à l’occasion du 50e anniversaire du traité de l’Elysée, à « porter des positions communes pour augmenter les investissements dans le domaine agricole et lutter contre la volatilité excessive des prix agricoles dans les enceintes internationales, notamment dans le cadre du G20 ».

Réunis le 19 janvier à l’occasion de la Semaine verte de Berlin, quelque 80 ministres de l’agriculture ont souligné « la nécessité d’accroître l’investissement responsable privé et public afin d’augmenter la production et les revenus agricoles ». Dacian Ciolos a rappelé, lors des débats, que, rien que pour l’Afrique, il faut investir 700 milliards d’euros d’ici 2050 pour assurer la sécurité alimentaire. « C’est énorme. Cela nécessitera des investissements publics et privés », a souligné le commissaire européen, ajoutant que, pour y parvenir, il va falloir tout d’abord « remettre l’agriculture au centre de l’agenda international ». « Nous avons commencé à le faire au G20, mais force est de constater une certaine perte de vitesse. Je suis convaincu que c’est une erreur vu l’ampleur des défis devant nous », a-t-il déclaré. La première étape essentielle, c’est la gouvernance dans les pays eux-mêmes, a poursuivi le commissaire à l’agriculture. Ils doivent établir « un cadre juridique et économique qui encourage l’investissement ». Et, « surtout, ils doivent absolument mettre en place un système foncier efficace et juste, qui protège les intérêts de ceux qui investissent depuis de nombreuses années dans la terre ».
« Si ces conditions sont en place, et si nous recevons le message clair que l’agriculture est une priorité politique pour un pays partenaire en développement, nous appuierons », a assuré Dacian Ciolos.
La réforme de la Pac, c’est « un enjeu important non seulement pour les agriculteurs européens, mais aussi pour des millions d’autres à travers le monde qui sont concernés par les politiques de l’UE », a déclaré le 17 janvier Olivier De Schutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, dans la perspective du vote de la commission de l’agriculture du Parlement européen sur ce dossier (1).
Regrettant que les amendements de compromis soumis pour ce vote ne reprennent pas les suggestions de la commission parlementaire du développement, il a aussi appelé les députés à se prononcer pour la rotation obligatoire des cultures et pour l’intégration des protéagineux dans le verdissement de la Pac.
En effet, selon Olivier De Schutter, « la forte dépendance de l’UE à l’égard des importations de soja et de maïs pour nourrir le bétail européen conduit à une destruction des habitats, à l’épuisement des ressources naturelles ainsi qu’à des modèles de production non durables dans le monde en développement qui bénéficient aux grandes entreprises plutôt qu’aux agriculteurs pauvres ».

(1) Voir même numéro

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