L'élevage allaitant français attend des précisions sur la dégressivité des aides couplées qu'il craint trop élevée. Le 15 janvier, la Fédération nationale bovine (FNB) a exprimé ses inquiétudes à l'égard de la Pac.
LA FNB (Fédération nationale bovine) a relayé, le 15 janvier, les inquiétudes des éleveurs de « l'ensemble des régions » à l'égard de la Politique agricole commune (Pac) en France. La filière remet « en cause prioritairement », les modalités de la future aide à la vache allaitante. Un mois après le Conseil supérieur d'orientation (CSO) du 17 décembre qui fixait des arbitrages sur la déclinaison nationale de la Pac, la FNB rappelle que des incertitudes persistent. La prime annoncée « à 200 euros pour les 40 premiers animaux » par les pouvoirs publics ne suffit pas. « Ils se sont bien gardés de faire état du montant pour les animaux suivants », précise un communiqué de la FNB. Pour rappel, dans la Pac précédente, la prime pour le maintien au troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) était cofinancée par l'Union européenne (à hauteur de 150 euros par animal) et par la France (à hauteur de 50 euros par animal). Sur la part communautaire, il n'y avait pas de dégressivité des aides. Sur la part nationale, les 40 premiers animaux avaient droit à 50 euros par tête. Au-delà, la prime chutait à 26 euros par tête. Pour la nouvelle Pac, la FNB craint que « dans le cadre d'une enveloppe budgétaire amputée, la réalité pourrait bien être d'à peine 100 euros par animal, ou moins ». Une situation que dénoncent les éleveurs de bovins allaitants car « le modèle économique des éleveurs spécialisés bovins-viande, naisseurs comme naisseurs-engraisseurs, repose à l'évidence sur des cheptels bien supérieurs à 40 animaux pour vivre ».
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Autre point préoccupant pour la filière : la régionalisation du deuxième pilier. Les éleveurs craignent que les arbitrages soient très différents d'une région à l'autre. « Chaque région fera comme elle veut », s'inquiète la FNB. Le risque est un manque de cohérence nationale sur le plan de modernisation des bâtiments qui relève du 2e pilier. Par ailleurs, l'absence de décision concernant les aides à l'autonomie fourragère qui doivent représenter 2% du budget des aides couplées préoccupe la filière. Pour la FNB, « l'éligibilité des mélanges légumineuses-graminées » serait « essentiel dans l'équilibre agronomique de fonctionnement de ces exploitations, alternant pâturage et récolte du fourrage ». Mais pour le moment, rien n'est encore fixé.