Faible rémunération, lourds investissements, l'élevage allaitant a de quoi se préoccuper de son avenir. Une étude, publiée dans Analyse et Perspectives (n°1501) du réseau des chambres d'agriculture, affiche cependant quelques aspects positifs dans la gestion financière des élevages : endettement moindre et trésorerie parfois abondante.
« Elevage de bovins pour la viande : beaucoup de capitaux, peu d'endettement mais la rémunération des actifs est faible, tel est le titre de la dernière étude Analyses et prospectives du réseau des chambres d'agriculture, publiée le 24 avril. Il résume en une phrase les résultats de ce travail portant sur près de 719 exploitations spécialisées en élevage allaitant. Les conditions financières de leur croissance (endettement, capitaux par actif, retour sur investissement) et la gestion financière de leur cycle annuel de production (dettes de court terme, conditions de paiement avec les fournisseurs) sont à l'origine de ce bilan. C'est « une stratégie de conservation et de reproduction d'un patrimoine économique » qui caractérise l'exploitation type de l'étude. Il ne s'agit donc pas vraiment d'une dynamique de développement ! Globalement, la gestion des exploitations montre une certaine prudence à court termede la part des éleveurs.
Un taux d'endettement plus faible que la moyenne
« Les stocks progressent peu, les dettes financières de court terme sont faibles et stables, seule la valeur des dettes vis-vis des fournisseurs augmente », analyse l'étude. Cette hausse des dettes fournisseurs « traduit un rapport commercial à l'avantage des éleveurs (leurs fournisseurs leur accordent des facilités de paiement) ». Les exploitations ont les moyens de « dégager des disponibilités de trésorerie parfois abondantes ce qui n'est pas de trop dans une économie globale marquée par des revenus instables, orientés à la baisse ces dernières années », relève l'étude. Le taux d'endettement des éleveurs (dettes court, moyen, long terme) est de 30% environ contre 40% en moyenne nationale. Un point plutôt positif vu le montant des investissements nécessaires et la faible rémunération du capital de cette activité d'élevage. Effectivement, le capital productif (immobilisation et besoin en fonds de roulement) s'élève à 350 000€ en 2012, soit presque 100 000€ de plus que la moyenne, toutes productions confondues.
Des jeunes très endettés
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Et comme le revenu moyen des élevages est inférieur à la moyenne nationale, « cela conduit à une rémunération du capital très au-dessous de la moyenne », constate l'étude. Ainsi 100€ de capital dégage 1,1€ de rémunération nette du capital. D'autre part, « sur le plan économique, l'agrandissement des exploitations semble équilibré (capital/Unité gros bovin en baisse), mais du point de vue du chef d'exploitation, le capital est de plus en plus lourd à gérer individuellement (capital/ Unité de travail annuel non salarié en hausse) ». Reste un autre gros point noir : l'installation des jeunes. D'après l'étude, « au début de leur carrière, les jeunes (moins de 40 ans) sont dans une situation économique plus tendue que celle de leurs aîné ». Ils mobilisent, individuellement plus de capital. Ils sont plus endettés et la rémunération de leur capital (EBE/capital) est inférieure à la valeur médiane.
Montant moyen des immobilisations : 257 000€
Fonds de roulement (FR) : 115 000€
Besoin en fonds de roulement (BFR) : 67 000€
Taux d'endettement : 30%
Dettes long termes : 75 000€
Dettes bancaires : 4 300€
Capital/ UGB : 3,6 (-21% par rapport à 1990)
Capital/UTANS : 251 (+26% par rapport à 1990)
Rémunération nette du capital (RNC) : 3 700€
Taux de rémunération nette du capital : 1,1%
(Source : Analyse et perspectives n°1501 - réseau des chambre d'Agriculture)