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Porcs L’élevage porcin des montagnes sera sauvé par des initiatives locales

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Le lancement national de la démarche Origine Montagne a eu lieu à Paris le 17 janvier. Ne représentant que 700 000 porcs sur les 25 millions produits en France tous les ans, la démarche reste exemplaire. En particulier, à un moment où Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, prône la remontée des initiatives locales à l’échelle nationale.

«Origine montagne, c’est du commerce équitable à la française », a déclaré Georges Champeix, président de l’association Porc Montagne, à Paris le 17 janvier. Le consommateur, dans son acte d’achat, paye un produit de qualité, mais soutient aussi la filière d’élevage de porcs de montagne. Ne représentant que 700 000 porcs sur les 25 millions produits en France chaque année, Georges Champeix tranche dans le vif : « La démarche se positionne sur un petit segment de marché. Nous misons sur la qualité de nos produits ». Tout a commencé en 1997 lorsqu’un groupe d’éleveurs fait le bilan : les coûts de production en milieu montagneux sont lourds, plus lourds qu’en zone de plaines. « Le coût des transports plombe notre trésorerie», analyse Guy Christian, un éleveur du Cantal engagé dans la démarche depuis sa création en 1997. A ce rythme, les éleveurs sont conscients que leur profession est menacée, mais par répercussion, celle des abatteurs, des salaisonniers, des charcutiers également. « En France, il y a 6 massifs montagneux qui représentent 22% du territoire. Maintenir des activités économiques dans ces zones est un enjeu de taille », rappelle le président de l’association. Les pouvoirs publics ne sont pas étrangers aux difficultés de l’élevage de montagne. Le projet a reçu le soutien de FranceAgriMer à hauteur d’un million d’euros par an pendant cinq ans. « Nous allons rencontrer les conseillers agricoles de Jean-Marc Ayrault et de François Hollande le 21 janvier. La réunion tournera autour des aides PAC et de la filière porcine qui pour le moment n’en bénéficie pas », soutient Guy Christian.

Contractualisation réussie

Plus de dix ans après la formulation de l’idée de soutenir l’élevage de porcs en milieu montagneux, les acteurs de la filière, depuis les éleveurs jusqu’aux distributeurs, travaillent main dans la main. Un exemple lorsqu’on connaît les difficultés qu’ont les filières d’élevage standards pour s’entendre. « Cela nous a pris des années, mais nous sommes parvenus à mettre en place des contrats entre chaque maillon de la filière », rapporte Georges Champeix. Pour fixer le prix, les acteurs de la démarche Origine montagne partent du prix payé par le consommateur. « Nous avons calculé la différence entre une tranche de jambon standard et une tranche de jambon Origine montagne. Cette différence est répercutée sur tous les maillons de la filière depuis l’éleveur jusqu’au consommateur », poursuit-il.
Quand la distribution est montrée du doigt en filière conventionnelle, elle est intégrée à la démarche pour Origine montagne. « Nous travaillons avec de nombreux bouchers charcutiers. Mais nous sommes aussi intéressés par la grande distribution. Un contrat est déjà passé avec Monoprix. Nous devrions avancer avec d’autres partenaires au Salon mondial de la restauration de l’hôtellerie», garantit Georges Champeix.

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