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Gaz à effet de serre L’élevage possède peu de marges de manœuvre

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Le Centre commun de recherche de la Commission européenne a évalué dans une vaste étude l’impact climatique du secteur de l’élevage : celui-ci représente 9 % à 13 % du total des émissions de l’Union, soit un niveau inférieur à la moyenne mondiale calculée par la FAO (18 %). A l’avenir, les marges de manœuvre pour réduire ces émissions sont faibles. Les experts estiment que les émissions du secteur de l’élevage pourraient diminuer de 15 à 19 %.

Publiée par la Commission de Bruxelles, une nouvelle étude du Centre commun de recherche évalue à 662 millions de tonnes d’équivalent CO2 le potentiel de réchauffement climatique du secteur européen de l’élevage, soit 9,1 % à 12,8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’UE en 2004, selon les différentes hypothèses de prise en compte des conséquences de l’utilisation et du changement d’affectation des terres. Cette fourchette, note la Commission, est sensiblement plus basse que le chiffre de 18 % avancé au niveau mondial par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) dans un rapport de 2006. Au total – en prenant en compte les émissions, l’occupation des sols et leur changement d’affectation –, le secteur de l’élevage dégage 661 Mt d’équivalent CO2 par an. 191 Mt CO2-eq (soit 29 %) sont dus à la production de viande bovine, 193 Mt CO2-eq (29 %) à la production laitière bovine, 165 Mt CO2-eq (25 %) à la production porcine et 111 Mt CO2-eq (17 %) aux autres productions (principalement la volaille).

Systèmes de production
Selon l’étude, le niveau moyen d’émissions le plus élevé par kg de viande est enregistré pour les ruminants (22,2 kg pour le bœuf, 20,3 kg pour la viande ovine et caprine), la production de porc (7,5 kg) et de volaille (4,9 kg) créant nettement moins d’émissions de gaz à effet de serre du fait d’un processus de digestion plus efficace et de l’absence de fermentation entérique. Les émissions moyennes de l’UE sont nettement plus faibles dans le cas de la production de lait (1,4 kg CO2-eq pour le lait de vache, 2,9 kg pour le lait de brebis et de chèvre).
Le niveau d’émission par Kg de viande produite n’est pas forcément lié au mode de production. Par exemple, en Europe, les deux pays qui émettent le moins de gaz à effet de serre sont l’Autriche (14,2 kg CO2-eq/kg) et les Pays-Bas (17,4 kg CO2-eq/kg,). L’Autriche, avec des systèmes bovins extensifs, limite ses émissions grâce aux prairies qui captent le carbone alors que les Pays-Bas, avec de l’élevage hors sol très intensif et des réglementations environnementales strictes, maximisent leur production.
Les experts se sont penchés également sur l’impact climatique de la production brésilienne de viande bovine et de volaille ainsi que de la production ovine néo-zélandaise. La viande de mouton néo-zélandaise émet 33 kg CO2-eq/kg et le bœuf brésilien 48 à 80 kg CO2-eq/kg.
Les marges de manœuvre sont faibles mais elles existent : l’étude estime que, selon le meilleur scénario hypothétique, des mesures techniques de réduction des émissions de gaz à effet de serre pourraient permettre de diminuer de 15 % à 19 % celles dues aux systèmes d’élevage. Une réduction de 6,8 % de ces émissions par rapport à 2004 est attendue en 2020.

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