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APCA L'embargo russe s'ajoute à une situation difficile, selon l'APCA

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« Une rentrée difficile », « une rentrée chargée ». Le président des chambres d'agriculture Guy Vasseur s'alarmait de la situation de l'agriculture française lors de la conférence de presse de rentrée de l'APCA le 3 septembre à Paris. Au centre de ses inquiétudes : l'embargo russe.

«L ES produits agricoles sont peut-être les nouvelles armes que s'échangent les Russes et l'Union européenne », lance le président de l'APCA aux journalistes présents lors d'une conférence de presse le 3 septembre. Il s'inquiète de la situation des filières françaises. Selon l'APCA, les produits transformés surtout sont touchés : 80 % des exportations vers la Russie sont des produits transformés. Les viandes et préparations à base de viande concernent 20 % des exportations agroalimentaires vers la Russie, les produits laitiers 11%, les céréales 10%, les aliments pour animaux 10% et enfin, les fruits et légumes 5%, selon les chiffres livrés par l'APCA. « La France est le premier fournisseur pour la Russie de chou-fleur et brocoli », détaille Claude Cochonneau, le vice-président de l'APCA. Il semblerait pourtant que l'embargo ne soit pas une décision ferme : « Les Russes devront doser pour ne pas trop impacter leur marché intérieur. La semaine dernière, par exemple, on a vu la levée de l'embargo pour les plants de pomme de terre », analyse Claude Cochonneau. Par ailleurs, les nouveaux flux commerciaux qui se mettent en place avec la Russie inquiètent aussi les chambres d'agriculture. Notamment du côté des pays d'Amérique Latine (Brésil, Argentine, Chili …) et de la Turquie pour les fruits et légumes.

Croissance zéro en France

Deuxième inquiétude de la rentrée : la crise française. « On est toujours dans la crise économique. Il n'y a pas de croissance au rendez-vous, le chômage continue de s'envoler ... C'est dans notre intérêt que la France retrouve le chemin de l'investissement et de la compétitivité vis-à-vis de l'exportation », continue Guy Vasseur. « En France, on a eu une croissance zéro au deuxième trimestre », renchérit Claude Cochonneau. Il développe les prévisions de marché par production : pour les céréales, la production mondiale devrait être supérieure à la consommation. Mais en termes de qualité, « ce sera variable mais pas catastrophique », selon Claude Cochonneau. Pour le maïs grain, la « récolte sera record » avec une augmentation de 2-3 % par rapport à l'année dernière. De fait, les cours seront assez bas. En fruits et légumes, « le vrai problème reste la consommation » avec des prix tirés vers le bas dès le début des campagnes. « L'impact direct de l'embargo russe est faible pour les fruits et légumes », fait valoir Claude Cochonneau qui craint plutôt le report des marchés polonais et allemand sur d'autres pays de l'Union européenne. L'embargo pèse également sur les marchés des produits laitiers et du porc. Le vice-président de l'APCA demande que la France « insiste beaucoup » sur les mesures déjà prévues par l'UE et qu'elle fasse en sorte « que cela pèse le moins possible sur la campagne ».

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90 millions d'euros ponctionnés sur le budget des chambres d'agriculture

LES chambres d'agriculture pourraient se voir ponctionner leur budget de 90 millions d'euros sur trois ans (20152017). En juillet, il était question de 136 millions d'euros. Pour arriver à ces 90 millions d'euros, il est prévu une réduction de la taxe additionnelle à la Taxe sur le foncier non bâti (TFNB) ou un prélèvement sur les fonds de roulement des chambres d'agriculture : 60 millions la première année, 15 millions la deuxième et de 15 millions la troisième année. Les ministères du budget et de l'agriculture devraient rendre leur copie sur ce sujet dans les semaines à venir.

Embargo russe : Stéphane Le Foll pour la mise en place d'outils de soutien de marché

STÉPHANE Le Foll devait demander la mise en place de « tous les outils possibles » pour réduire l'impact de l'embargo russe sur les agriculteurs, lors du conseil des ministres à Bruxelles le 5 septembre, a-t-il déclaré à la sortie d'une réunion avec les représentants agricoles, le 3 septembre à Paris. Ces outils sont le retrait de production, la promotion et le soutien à l'export. « Nous devons mettre en place des mesures de soutien de marché pour éviter la chute des prix » due à l'encombrement du marché européen, a ajouté le ministre de l'Agriculture. Xavier Beulin, président de la FNSEA, a insisté sur la nécessité de chercher des nouveaux marchés et de promouvoir le « manger français », appelant les distributeurs à faire preuve de patriotisme. De son côté, la Coordination rurale publiait ensuite un communiqué dans lequel elle insistait sur le fait que « les agriculteurs n'ont pas à payer les pots cassés de cet embargo ». Tandis que la Confédération paysanne voyait dans ces problèmes la conséquence directe d'une politique trop axée sur l'exportation.