La France a emprunté, le 24 janvier, 7 milliards d’euros en émettant sa première obligation verte souveraine avec un taux à l’émission de 1,741 % pour une maturité à 22 ans. Les pouvoirs publics parlent d’une opération « exceptionnelle ». L’objectif ? Financer les dépenses vertes de l’État.
« La France réalise avec succès l’émission inaugurale de son obligation souveraine verte », selon un communiqué des ministères de l’Économie et de l’Écologie, le 24 janvier. Cette émission opérée par l’Agence France Trésor est une première historique. Avant la France, seule la Pologne avait lancé une obligation verte souveraine. L’opération déclenchée en décembre s’était chiffrée à 750 millions d’euros. Début janvier, les pouvoirs publics français annonçaient déjà vouloir faire mieux que leurs homologues polonais (1). Selon le communiqué du 24 janvier, c’est chose faite : « La France a emprunté 7 milliards d’euros » le jour de l’inauguration de l’émission. Pour Michel Sapin, ministre de l’Économie, « par la réussite de cette opération exceptionnelle, l’État démontre sa détermination à faire de Paris la place de référence en matière de finance verte. » Dans le détail, l’obligation verte a une maturité de 22 ans avec un taux d’intérêt de 1,741 %, « soit un niveau inférieur au taux moyen de l’encours de la dette au 31 décembre 2016 de 2 % pour une maturité moyenne de 7 ans et demi », lit-on dans le communiqué.
23 milliards d’euros de demandes
« La demande totale a atteint un montant exceptionnel de plus de 23 milliards d’euros », selon le communiqué. Cette demande, servie à hauteur de 7 milliards d’euros pour la première obligation verte, émane, selon les pouvoirs publics, « d’une large variété d’investisseurs internationaux, européens et français » (voir graphique). Parmi les gestionnaires ayant participé à l’opération, on relève AG2R La Mondiale, la caisse régionale du Crédit Agricole Mutuel de Paris et d’IdF ou encore WWF France. Pour Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, « le résultat de l’opération montre que la France est reconnue comme un grand État vert, avec un cadre crédible et robuste pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. »
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Le résultat est au-delà des attentes. Début janvier, le ministre de l’Économie affirmait que pas moins de « dix milliards d’euros de dépenses vertes » ont été identifiés : parmi elles, une dépense de 30 M€ pour financer le crédit d’impôt en faveur des entreprises agricoles en agriculture biologique ou encore le fonds d’avenir bio géré par l’Agence bio. Les dépenses liées à la gestion durable des forêts ont aussi été identifiées et chiffrées à 291 M€ par an.
(1) Lire dans Agra Presse du 6 janvier, l’article : « Une obligation verte souveraine pour financer l’agriculture bio et la forêt »
M. Sapin : « L’État démontre sa détermination à faire de Paris la place de référence en matière de finance verte. »