Abonné

Syndicats/IAA L’emploi, priorité des négociations dans l’agroalimentaire pour la CFDT

- - 3 min

Les négociations de branche dans l’agroalimentaire entre les syndicats et le patronat s’annoncent particulièrement difficiles, redoute le syndicat FGA-CFDT, tant pour la création de postes que pour la revalorisation des salaires.

Les négociations sur l’emploi, tant avec l’Ania que Coop de France, avancent difficilement, notamment pour les jeunes », a estimé la Fédération générale agroalimentaire au cours d'une conférence de presse, le 13 février. Pour Pascal Souzy, secrétaire national de la FGA-CFDT, l’Association nationale des industries alimentaires « traîne des pieds » alors qu’il fait remarquer qu’il y existe
10 000 emplois non pourvus et que 30 000 seraient à créer sur 5 ans. « La priorité des priorités doit être l’emploi, le chômage égalant des records qui n’avaient pas été atteints depuis plus de 10 ans », selon lui. Les dispositifs de création d’emplois et pour sécuriser les parcours professionnels des salariés doivent être relancés. Le syndicat regrette que sa demande formulée en 2011 pour une négociation sur l’emploi des jeunes, catégorie la plus touchée par le chômage, n’ait pas abouti. Le syndicat ne perd toutefois pas totalement confiance pour 2012, estimant qu’une première étape a pu être franchie avec la mise en œuvre d’une étude sur l’alternance menée « conjointement par les deux observatoires de l’industrie et des coopératives agricoles. Le syndicat demande une enveloppe d’urgence de 150 millions visant la formation, des contrats aidés ou des prestations de retour à l’emploi pour tous ceux qui sont inscrits depuis plus de deux ans.

Revaloriser les salaires
L’autre préoccupation syndicale demeure la réévaluation des salaires. Le syndicat fait valoir que les industriels se montrent pingres dans leurs propositions. Ils offrent des augmentations de 1,8% ou 2%, alors que le SMIC a augmenté de 2,44% récemment. De telles propositions vont générer un tassement des grilles de salaires dans le secteur agroalimentaire, qui compte 477 000 emplois. Le syndicat veut y voir des dissensions au sein de l’organisation patronale, qui est une association et non une confédération qui pourrait, par sa signature, engager l’ensemble des industries du secteur. Pour la FGA, trois branches (produits alimentaires élaborés, charcuterie et industrie laitière) se montrent les plus réticentes pour signer un accord. Patrick Massard, secrétaire général du syndicat, estime que la crise n'a « pour l'instant pas d'impact sur l'industrie agroalimentaire, hormis les services et que d'une manière globale, les résultats sont plutôt bons, voire très bons en 2011 dans les entreprises agroalimentaires, mais les industriels font le dos rond ». La présidentielle qui approche entretient une incertitude économique sur ce que l’avenir réserve au secteur. A titre d'exemple, selon la FGA-CFDT, chez Bonduelle, entreprise ayant enregistré de « bons résultats », les négociations salariales ont débouché sur des propositions d'augmentations de 2,5% là où d'habitude elles sont à 0,5% au-dessus du Smic, donc auraient dû être autour de 3%. La situation est similaire chez Fleury-Michon ou encore Herta, avec des augmentations de 2,5% et 2,8%, selon le syndicat. Face à cela, des actions revendicatives dans les usines ne sont pas exclues, selon les dirigeants syndicaux.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.