À Melesse (Ille-et-Vilaine), Charles Lottmann et Vincent Justin viennent d’ouvrir le premier magasin de l’enseigne Nous qui ne propose que des produits déclassés et invendus. Ils visent l’ouverture de dix magasins d’ici à douze mois en misant sur la franchise.
Depuis le 4 mai, les habitants de Melesse (Ille-et-Vilaine) peuvent faire leurs courses alimentaires dans le premier magasin Nous, nouvelle enseigne engagée dans la chasse au gaspi qui propose entre 250 et 300 références de produits (frais, surgelés et secs) déclassés et écartés de la vente par la GMS traditionnelle. "En un mois dont plusieurs jours fériés, nous avons accueilli plus de 6 000 clients avec un panier moyen qui a doublé depuis l’ouverture", se réjouit Charles Lottmann, cofondateur avec Vincent Justin de la société Nous Épiceries anti gaspi.
Diplômé de l’Essec, Charles Lottmann, 30 ans, a travaillé en 2016 pour Phénix, société de l’économie circulaire spécialisée dans la lutte contre le gaspi et la valorisation des déchets, notamment pour le développement de la marque Les Gueules Cassées créée par Nicolas Chabanne. Une expérience qui lui donne rapidement envie de créer son propre réseau de vente de produits déclassés ou invendus afin de maîtriser pleinement les contraintes liées à l’approvisionnement et à la distribution de ces articles en fin de DLC (date limite de consommation). Suite à la rencontre de Vincent Justin, 45 ans, designer diplômé de l’Ecole Boulle et entrepreneur voulant se lancer dans l’économie circulaire, ils décident de s’installer en Bretagne. La première région agroalimentaire de France devrait faciliter leurs démarches de sourcing, étant en outre réputée pour son implication dans le développement durable.
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Le gisement sur lequel Nous se positionne est celui des pertes chez les producteurs et fabricants. Selon les familles de produits, elles représentent entre 5 et 10 % de leur production, écartées de la distribution conventionnelle pour des petits défauts alors que ces produits sont parfaitement consommables. Nous s’engage à leur acheter à hauteur de 70 % de leur valeur marchande initiale et de les vendre 30 % moins cher à ses clients. "C’est gagnant-gagnant, les producteurs limitent la casse et, potentiellement, une famille de 4 personnes peut espérer économiser 200 € par mois dans son budget alimentaire", annonce Charles Lottmann.
Implanté dans un petit ensemble commercial de Melesse, le premier magasin dispose d’une surface totale de 400 m2 dont 250 m2 dédiés à la vente. Il devrait s’agrandir de 150 m2 en septembre en récupérant une cellule voisine vacante. Son approvisionnement évolue constamment (250 à 300 références) et propose toutes les catégories de produits alimentaires, du frais aux surgelés, de l’épicerie sèche jusqu’au vrac (20 références). On y trouve même quelques produits d’hygiène-beauté. Les deux associés prospectent d’autres fournisseurs et déjà d’autres villes en Bretagne avec l’objectif d’ouvrir une dizaine de points de vente de taille comparable dans les douze prochains mois, en recourant à la franchise à partir du quatrième.