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Formation L’enseignement agricole s’interroge et propose

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Former les agriculteurs de demain, tel est sans aucun doute la mission de l’enseignement agricole. Dans un contexte en rapide évolution, les acteurs de l’enseignement agricole s’interrogent sur les trajectoires à prendre. Les propositions portent sur le fond des programme ou sur l’organisation de l’enseignement.

«On ne peut pas se limiter à mettre en place des modules spécifiques d’agriculture bio : c’est tout le référentiel qui doit évoluer pour prendre en compte l’environnement et la biodiversité », affirmait Jean-Marie Le Boiteux, secrétaire général du Snetap-FSU, syndicat majoritaire de l’enseignement agricole public lors d’un débat organisé par le Comité de défense de l’enseignement agricole public au Salon de l’agriculture le 28 février. Le but : montrer à l’élève qu’il existe plusieurs agricultures et « lui donner des clés de réflexion ». Pour prendre le tournant d’une agriculture plus écologique, il faut soustraire l’enseignement public de la tutelle du ministère de l’Agriculture et ainsi du « joug de la profession », estime ce Comité qui rassemble politiques, syndicats et associations. Pour autant, il ne souhaite pas que l’enseignement agricole intègre le ministère de l’Education nationale « tel qu’il existe aujourd’hui », mais imagine plutôt une sous-direction dédiée.
« Nous formons des professionnels, nous ne pouvons pas être déconnectés d’eux », objecte Florence Buisson, membre du sFoerta enseignante. Ce syndicat rattaché à FO a toujours milité pour le rattachement au Maaprat. Sans nier le poids de la profession, elle rappelle que « les programmes sont discutés entre tous les partenaires dans les comités nationaux spécialisés ». Le Cneap (Conseil national de l’enseignement agricole privé) insiste lui aussi sur le lien important de l’enseignement agricole avec la profession et le territoire, un moyen d’adapter la formation aux attentes du marché du travail et de constituer la filière professionnelle qui connaît le plus fort taux d’insertion : 90% six mois après la fin de la formation. « Nous ne sommes pas pour autant à la botte des professionnels, note son secrétaire général, Philippe Poussin. Notre rôle est aussi de réfléchir, voire de titiller la profession en lui présentant notre analyse des évolutions en cours ».

Les programmes et la pédagogie

Dans des territoires ruraux qui connaissent un renouveau démographique, à la veille d’élections françaises et de la réforme de la Pac, face à des classes où les « non-issus du monde agricole » sont de plus en plus présents, et dans un environnement en mutation avec la réforme générale des politiques publiques et les coupes budgétaires, l’enseignement agricole s’interroge sur ses évolutions en termes de programmes et de pédagogie. Les souhaits varient. Le Comité de défense de l’enseignement agricole public estime que son rôle est de former des professionnels mais aussi des citoyens et prépare une série de propositions qu’il compte adresser prochainement à la direction générale de l’enseignement agricole (DGER). Les Maisons familiales et rurales ont édité les leurs. Et le Cneap compte lancer un séminaire de réflexion des enseignants sur les enjeux sociétaux et la place de l’agriculture dans la société.

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