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Phytosanitaires L’épandage aérien en voie d’interdiction… totale

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Après plusieurs semaines de polémique sur les épandages aériens, Stéphane Le Foll a annoncé sa volonté de réduire les dérogations et de supprimer, à terme, cette pratique.

Le ton est donné : les dérogations autorisant l’épandage aérien « devront être plus strictement encadrées et il faut réduire encore les surfaces concernées », a affirmé Stéphane Le Foll, le 24 juillet, lors d’une table ronde organisée par la mission d’information commune du Sénat sur les pesticides. « L’objectif est qu’il n’y ait plus d’épandages aériens et pour cela, on doit trouver des alternatives », a poursuivi le ministre de l’Agriculture, qui a précisé avoir sollicité les instituts de recherche et avoir pris contact avec les préfets pour faire avancer ce dossier.
Cette annonce devrait en partie rassurer les environnementalistes qui dénoncent, depuis plusieurs semaines, les dérogations trop nombreuses à l’interdiction d’épandage. Dans un communiqué commun, la Confédération paysanne, Agir pour l’environnement, la Fnab, Générations futures et l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) déploraient que, dans les faits « l’exception devient la règle ». En avril 2012, le ministère de l’Agriculture dénombrait 800 opérations d’épandage délivrées, essentiellement en outre-mer et sur les bananiers de Guadeloupe. Les élus Europe Ecologie d’Aquitaine ont, de leur côté, demandé le 23 juillet un « moratoire immédiat » sur cette pratique, idée rejetée, le 24 juillet, par Stéphane Le Foll. France Nature environnement s’est félicitée de l’annonce ministérielle mais « sera attentive à sa traduction dans les faits ».
En effet, sur le principe, l’épandage aérien est déjà interdit, « sauf dérogation » pour des cas particuliers et sous condition. Et la délivrance des dérogations est encadrée, à la fois par la directive européenne dite 2009/218 « utilisation durable des pesticides » et par sa traduction en France, à travers l’arrêté du 31 mai 2011. Que compte faire de plus le ministre de l’Agriculture ? « Nous voulons mettre en place des critères objectifs et homogènes sur lesquels les préfectures pourront s’appuyer pour attribuer ou non des dérogations, ceci afin de lever toute ambiguïté », répond une source ministérielle. L’objectif est de limiter au maximum ces dérogations.
La réglementation se veut de plus en plus stricte : en application de l’arrêté du 31 mai 2011, les produits doivent désormais disposer d’une autorisation spécifique supplémentaire pour l’épandage aérien, prise sur la base d’un avis de l’Anses.
Ces textes visant à encadrer la pratique de l’épandage aérien seraient-ils sans effet ? Pas tout à fait, répond le ministère de l’Agriculture : il précise qu’entre 2010 et 2011, les pulvérisations par aéronef ont baissé de 22%, résultat selon lui, de l’application de la directive européenne. En 2011, 0,3 % de la surface agricole utile (SAU) en France aurait subi un traitement aérien, selon les chiffres ministériels.

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