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RESTRUCTURATION/FILIÈRE VIANDE Les abattoirs AIM en redressement judiciaire

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Sans surprise, le tribunal de commerce de Coutances a placé les abattoirs normands AIM (environ 600 salariés) en redressement judiciaire le 6 janvier. Selon Elise Brand, avocate du comité d'entreprise, citée par l'AFP, compte tenu de la trésorerie et des dettes (24 millions d'euros), seule une cession permettrait de sauver l'entreprise. « Des noms circulent, comme ceux des entreprises de salaison Loste ou Brient, mais ce ne sont que des rumeurs, les mêmes depuis 18 mois », indique Johnny Poisnel, délégué CFDT. Si la direction, qui veut boucler un tour de table dans les premiers mois de 2015, estime prématuré d'évoquer des restructurations industrielles, les représentants du personnel sont pessimistes. Selon Elise Brand, « on a déjà fait comprendre aux représentants du personnel (…) que le repreneur était déjà trouvé, que la casse sociale serait énorme. »

Pour expliquer les difficultés d'AIM, la direction met en avant l'embargo russe, la concurrence allemande et espagnole ou encore la pression de la grande distribution. Des explications identiques à celles avancées par la direction de Gad, jugées faciles par les représentants du personnel qui pointent, eux, une mauvaise gestion.

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Mais dans une filière porcine en difficulté, le mal est malheureusement probablement déjà fait. « Un repreneur oui, mais à quelles conditions ? Nous ce qu'on ne veut pas, c'est un petit Gad », résumait Johnny Poisnel à la sortie d'un comité central d'entreprise (CCE) le 5 janvier. Pour rappel, les effectifs de l'abattoir breton sont passés de 1 700 salariés mi-2013 à la promesse d'en maintenir 530 sur 755 à Josselin (Morbihan), le seul abattoir restant, repris par la SVA Jean Rozé (Intermarché) à Cecab à la barre du tribunal de commerce.

AIM, détenu à 64% par la coopérative Cap 50, son principal fournisseur, et à 34% par le groupe d'aliments pour bétail JDIS, a abattu 81 000 tonnes de bétail en 2013, des porcs à 81 %, pour un chiffre d'affaires de 246,7 millions d'euros. Le groupe emploie environ 600 personnes, principalement à Sainte-Cécile (50) et Antrain (35).