Les acteurs du Pacte laitier se sont réunis plus d'un an après leur accord, le 24 mai. Assurances et banques ont renouvelé leurs engagements, tout comme Vivea. L'idée a également germé d'une « cellule départementale de prévention technique du conseil », afin de détecter et soutenir techniquement les éleveurs en difficulté.
Les acteurs du Pacte laitier, signé en novembre 2014, se sont de nouveau réunis le 24 mai à la demande de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) et ont émis l'idée d'« une cellule départementale de prévention technique du conseil » liée aux organismes de conseils (CER, GDS, APCA,…) afin de prévenir les difficultés des éleveurs, selon André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. « Il s'agit de tirer la sonnette d'alarme avant que l'agriculteur ne se retrouve confronté à des difficultés techniques. […] La crise provoque une démotivation et la technicité de l'élevage peut facilement prendre l'eau », soulignait-il le jour même. Une porte d'entrée pour prendre en compte également les difficultés de l'exploitant sur le plan humain. « Les banquiers ont demandé à être intégrés » à ces cellules, observe André Bonnard. Des banquiers très critiqués qui, selon certains acteurs du monde agricole, ne jouent pas le jeu de la restructuration des dettes des agriculteurs et des prêts modulables.
LES BANQUES NE JOUERAIENT PAS LE JEU DE L'ANNÉE BLANCHE
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Thierry Roquefeuil dénonçait avec virulence, le 31 mai, le comportement des banques qui « lors de la crise des subprimes ont été largement aidées par le gouvernement. Il est inadmissible d'entendre des banques dire que certaines exploitations ont un coût de production trop élevé. Il n'est pas possible que les producteurs laitiers soient pris en otage car ils ont une banque de référence. […] D'autres banques dans d'autres pays européens sont capables d'aider les producteurs français ! » Vivea, également membre du pacte laitier, a de son côté, renouvelé pour un an son engagement de la prise en charge des frais de formation pour les éleveurs. Cette aide représenterait près d'un million d'euros, selon la FNPL. « Un quart des producteurs laitiers se forment chaque année », observe André Bonnard. Il continue : « Pacifica a déclaré faire l'avance des fonds » pour l'assurance Prairie (60 % du montant de l'assurance, soit la subvention de l'État) et évite ainsi aux éleveurs d'avoir à sortir de l'argent, comme l'an passé. Groupama n'a pas souhaité en faire de même, selon lui.
En Aveyron, 438 dossiers pour le Fond d'allégement des charges (FAC B et C) ont été saisis par la DDT, Direction départementale des territoires (751 175 €) au 13 mai 2016, selon un document interne du ministère de l'Agriculture. Le FAC (qui prend en charge les coûts de restructuration des dettes bancaires,…) est une des mesures du plan de soutien à l'élevage mises en place par le gouvernement en 2015 ayant pour objectif au départ d'aider les éleveurs porcins et bovins, avant d'être élargies à d'autres types de productions. Dans le département du Lot, ce sont 137 dossiers (213 968 €) qui ont été acceptés contre 64 en Ille-et-Vilaine (172 621 €), 10 en Mayenne (22 945 €), 26 dans le Maine-et-Loire (56 698 €) ou encore 8 dans le Finistère (18 636 €). Dans les Alpes-Maritimes, la Seine-et-Marne, le Val d'Oise et la Marne, seul un dossier a été saisi pour chaque département par les DDT pour des montants respectifs de 1 073 €, 5 421 €, 1 300 € et 7 863 €. Une réelle diversité existe donc entre les départements. L'Aveyron, le Lot et la Saône-et-Loire (85 dossiers, 220 055 €) sont les trois départements dont les montants totaux sont les plus élevés. La mesure est ouverte jusqu'à la fin octobre