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Biodiversité Les actions pour la biodiversité doivent s'étendre au plus grand nombre

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Les 17es rencontres Farre (forum de l'agriculture raisonnée) à Paris le 22 janvier, étaient l'occasion de monter en exemple les initiatives en faveur de la biodiversité prises par quelques agriculteurs pionniers. L'idée émergente est de passer à la vitesse supérieure en impliquant plus d'agriculteurs.

«N OUS comptons beaucoup sur l'Agence française de la biodiversité (AFB) », a assuré Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, lors des 17es rencontres de Farre (forum de l'agriculture raisonnée) à Paris, le 22 janvier. L'AFB doit être créée par la loi sur la biodiversité, encore à l'état de projet. L'objectif est de réunir les acteurs de la biodiversité au sein de la même structure, y compris les agriculteurs. Deux d'entre eux ont eu l'occasion de partager leurs contributions locales pour la biodiversité au cours d'une table ronde. Emilie Alauze, viticultrice dans le département de l'Hérault, raconte son expérience. Ils sont 80 vignerons impliqués dans le projet d'un diagnostic de la biodiversité sur leur territoire. Il s'agit d'une démarche volontaire. « On ne réalise pas de la même manière quand on fait le diagnostic nous-mêmes plutôt qu'on nous le dise », assure-t-elle. Elle est aussi persuadée que si ce dispositif avait été imposé, il aurait été beaucoup moins efficace. Pour l'heure, ce sont « 2 000 hectares qui ont été évalués », continue Emilie Alauze.

« Si on ne commence pas, rien ne se fera jamais »

« Ces expériences, aussi positives qu'elles soient, ne font pas tout », a insisté Christophe Aubel, directeur de l'association Humanité et biodiversité. L'objectif partagé par tous les acteurs de la biodiversité est de parvenir à « massifier » les actions locales. Pour Elisabeth Laville, du cabinet Utopies, « la question économique sera déterminante pour convaincre le plus grand nombre de s'engager ». Pourtant, les retombées économiques directes sont faibles. « On n'est pas payés pour faire le diagnostic de la biodiversité dans nos territoires », explique Emilie Alauze. En revanche, elle remarque des bénéfices économiques indirects : « Dans notre département, la mise en place de haies apporte une valeur aux paysages qui attirent de plus en plus des touristes du vin ». Pour Christophe Aubel, s'appuyer uniquement sur les initiatives locales ne suffira pas. Les acteurs de la biodiversité sont d'accord : il faut passer la vitesse supérieure et étendre au plus grand nombre les initiatives en faveur de la biodiversité.

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La difficulté est soulevée : il y a à peu près autant d'actions à mettre en œuvre que de territoires différents. Le ministère de l'Ecologie a affirmé son intention de soutenir les actions de Farre. « Les agriculteurs sont les premiers témoins des services rendus par la biodiversité », a déclaré Jean-Marc Michel, directeur général de la DG Aménagement, logement et nature au ministère de l'Ecologie. Le discours du représentant de Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, ne semble pas avoir convaincu les agriculteurs présents à Paris pour la journée. L'absence de Ségolène Royal a été remarquée : « Roselyne Bachelot est le dernier ministre de l'Ecologie à s'être déplacée pour ces rencontres. C'était il y a cinq ans ». Quant aux agriculteurs, ils continuent de mettre en place des actions localement, en attendant des signaux plus concrets « d'en haut ». Emilie Alauze reconnaît que, dans l'Hérault, les viticulteurs doivent être 3 000 à 4 000 : « Dans le groupe d'autodiagnostic, nous sommes 80. C'est peu. Mais si on ne commence pas quelque chose, rien ne se

fera jamais ».