Une étude du Cnasea montre que les « agri-urbains », agriculteurs péri-urbains qui ont résolument choisi de s’intégrer dans le monde urbain, sont aussi ceux obtiennent les meilleurs résultats économiques.
Une étude du Cnasea (Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles), à paraître, montre que les « agri-urbains », qui ont fait le choix de s’intégrer dans leur milieu par des pratiques écologiques et en utilisant les atouts offerts par le milieu urbain (proximité des consommateurs, vente directe, faibles coûts de transport), sont aussi ceux obtiennent les meilleurs résultats économiques. Cette étude présente les façons dont les paysans abordent le problème péri-urbain pour s’y adapter. L’étude définit le profil de ces « agri-urbains » : stratégie axée non pas sur l’agrandissement, mais sur la transformation des produits, la vente directe, les bonnes relations avec les citadins, les journées fermes ouvertes, etc.
Aux deux tiers, des maraîchers-horticulteurs
Cette étude, menée sur 70 exploitations, réalisée par François Lefebvre, du Cnasea à Limoges, et par Jean-Marc Morel, de l’Adasea du Pas-de-Calais, rappelle que près d’une exploitation agricole française est située dans une commune urbaine ou à sa périphérie. Les notes de durabilité ont été attribuées à partir de la méthode de diagnostic Idéa (Indicateur de durabilité des exploitations agricoles), du ministère de l’Agriculture.
L’étude a décelé trois types de comportements différents : « les agri-urbains », qui cherchent à optimiser leur condition d’agriculteurs dans la ville ; les « agri-ruraux » qui estiment être victimes de l’expansion des villes ; et les « mi-urbains, mi-ruraux ».
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Les agri-urbains sont aux deux tiers des maraîchers-horticulteurs, pratiquement jamais des polyculteurs-éleveurs. « Adeptes des filières courtes, ils n’hésitent pas à suivre des formations pour acquérir ou améliorer les techniques nécessaires à leurs activités ». Ce sont eux qui obtiennent les meilleures notes de durabilité, y compris dans le domaine économique, où ils atteignent une note de 61 sur 100, là où les mi-urbains, mi-ruraux obtiennent 55 et les agri-ruraux 51. Ces derniers, le plus souvent éleveurs ou céréaliers, travaillent sur des exploitations « plutôt de grande taille » par rapport au milieu dans lequel ils sont situés (85 hectares en moyenne) et pratiquent des méthodes intensives de production. « Ils vivent mal leur condition d’agriculteurs des villes », analyse l’étude, ayant le sentiment « d’être agriculteurs au mauvais endroit », car l’urbanisation est jugée comme un frein important à leurs activités.
L’étude conclut qu’une meilleure connaissance par les citadins des activités économiques de leur voisinage pourrait améliorer l’insertion des agriculteurs dans le milieu péri-urbain, ainsi qu’une formation des agriculteurs davantage orientée vers l’adaption à la mutation de leur milieu. Les auteurs de l’étude suggèrent que des partenariats avec l’ensemble des acteurs du milieu péri-urbain inscrivent l’activité agricole au même titre que les autres activités dans les projets de développement local.