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TV réalité « Les agriculteurs attirent l’attention »

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Soucieux d’être bien vu du grand public, le milieu agricole s’interroge sur l’image véhiculée par la télévision et en particulier par l’émission de télé-réalité L’Amour est dans le pré. Un débat organisé le 16 septembre au Space par le Syrpa (Syndicat des professionnels de la communication) et qui a débordé sur les relations entre les agriculteurs et le grand public.

A quand une « Agriculture academy » ou encore une « Rural story » ? D’aucuns pensent que l’emission de télé réalité L’Amour est dans le pré donne une bonne image des agriculteurs. Surtout Benjamine Fajeau, la productrice. D’autres, comme un agriculteur en visite au Space, trouve au contraire le concept « dégradant pour le milieu ». Il ajoute : « Faire venir une citadine en talon aiguille à la campagne, lui faire prendre une fourche avec du fumier, ça sert juste à faire grimper l’audience ».
Alors bonne ou mauvaise image de l’agriculteur ? Pour le sociologue Roger Le Guen, là n’est pas la question. Car selon lui, c’est plutôt la publicité agroalimentaire qui n’est pas flatteuse. « Je ne citerai pas de marques, explique-t-il, mais quand on voit un paysan avec un accent, des sabots de paille, un pantalon en velours etc., c’est plus caricatural. L’image du monde agricole dans cette émission est assez simple en fait, pas très riche. » Pour Loïc Pelletier, candidat à l’édition 2008 de L’Amour est dans le Pré, on ne voit pas vraiment le métier d’agriculteur. Une affirmation que s’empresse de préciser la productrice : « C’est une émission de rencontre avant tout. Et c’est souvent les agriculteurs eux-mêmes qui souhaitent faire une pause et laisser leur activité pendant le tournage. L’Amour est dans le pré ce n’est pas un Thalassa de l’agriculture ! »
Alors que peut bien retirer le monde agricole d’une telle emission ? Une certaine satisfaction peut être, si l’on considère la part d’audience du programme diffusé sur M6. A ce propos, François Benard, publicitaire et directeur général associé à Publicis Activ, explique : « Il y a une attente très forte de la part des gens pour les agriculteurs car ils produisent l’alimentation. C’est une chance ! » Une idée confirmée par le sociologue Roger Le Guen : « L’agriculture est un objet de demande urbaine. »

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