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Etude Les agriculteurs devraient payer plus leur eau, selon l’OCDE

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Selon l’OCDE, les agriculteurs devraient payer non seulement les coûts d’exploitation et de maintenance pour l’eau, mais aussi leur part des investissements dans les infrastructures de distribution. Dans les régions où les prix de l’eau pour le secteur agricole ont été augmentés, la production n’aurait pas baissé.

Actuellement, l’agriculture utilise environ 70 % des prélèvements d’eau douce à l’échelle mondiale, soit plus que les ménages et l’industrie réunis. Alors que la consommation d’eau à usage agricole a diminué dans certains pays, notamment en Europe de l’Est, un rapport de l’OCDE sur la gestion durable des ressources en eau dans le secteur agricole montre que d’autres pays de l’OCDE comme la Corée du Sud, la Grèce, la Nouvelle- Zélande et la Turquie, ont enregistré des augmentations importantes depuis les années 1990.

L’exemple de l’Australie
Avec une production agricole qui devra doubler d’ici à 2050 pour nourrir une population mondiale qui s’accroît, les agriculteurs auront besoin d’améliorer l’usage qu’ils font de l’eau, rappelle l’OCDE. Le rapport suggère que les agriculteurs paient non seulement les coûts d’exploitation et de maintenance pour l’eau, mais aussi leur part des investissements dans les infrastructures de distribution. Il souligne que, dans les régions où les prix de l’eau pour les agriculteurs ont été relevés, la production agricole n’a pas baissé. L’Australie aurait ainsi réussi à réduire de moitié la consommation d’eau d’irrigation sans perte de production. De plus, l’utilisation de techniques d’irrigation existantes pour économiser l’eau, comme en Chine et en Inde, deux grands consommateurs d’eau pour l’agriculture, devrait contribuer à maîtriser l’utilisation mondiale de l’eau à usage agricole d’ici 2050.

L’effet pervers des aides publiques
L’OCDE affirme également que les aides publiques pour la production agricole peuvent encourager le gaspillage et la pollution de l’eau. L’étude indique que, dans certains pays, la réduction du soutien à l’agriculture, notamment au titre de l’eau et de l’énergie, contribue à rendre les exploitations moins polluantes et plus performantes.
En outre, selon ce document, l’agriculture doit adopter des stratégies à long terme pour améliorer l’utilisation de l’eau, en introduisant des variétés culturales résistantes aux sécheresses ou aux inondations résultant du changement climatique.

De 25 % à 90 % des prélèvements d’eau
En 2005, la part de l’agriculture dans le total des prélèvements d’eau était de 90 % en Inde et en Afrique du Sud, de quelque 80 % en Afrique, de 70 % environ en Chine, en Australie et en Nouvelle-Zélande, selon les estimations de l’OCDE. Cette part était en moyenne de l’ordre de 45 % dans les pays de l’OCDE, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, d’un peu plus de 30 % au Brésil et de 25 % au Japon et en Corée du Sud.

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