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Lutte contre le changement climatique Les agriculteurs européens estiment que leur secteur a une place et un rôle à part

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L’UE est décidée à mettre en œuvre à partir de 2013 une « stratégie globale d’adaptation » au changement climatique. Dans cette perspective, les organisations agricoles européennes rappellent que les émissions de gaz à effet de serre émises par leur secteur ont un autre « profil » que celles des autres pans de l’économie car elles sont le résultat de processus biologiques essentiellement liés à la production « indispensable » de denrées alimentaires. Selon elles, les agriculteurs doivent être soutenus dans le combat contre le réchauffement par des « incitations » et « récompenses ».

Prévues jusqu’au 12 juin, des négociations ont débuté le 1 er juin à Bonn pour progresser dans la préparation d’un nouvel accord des Nations unies sur le changement climatique. Celui-ci doit être finalisé en décembre lors d’une conférence à Copenhague et couvrira la période après 2012, lorsque les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par le Protocole de Kyoto seront venus à échéance.

« Prudence » dans la répartition des responsabilités

Les organisations agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) reconnaissent que l’UE doit jouer un rôle de « chef de file » dans ces négociations internationales sur le réchauffement climatique, mais, dans le même temps, appellent à la « prudence » lorsqu’il s’agira de définir une manière « cohérente » de répartir les responsabilités entre les différents secteurs de l’économie européenne.

Selon elles, le profil des émissions des gaz à effet de serre de l’agriculture est « fondamentalement différent » de celui des autres secteurs tels que l’industrie, les ménages ou les transports, car il s’agit de processus biologiques et variables essentiellement liés à la production « indispensable » de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux.

Affectation des terres : des règles trop strictes seraient inutiles

Des « incitations » et des « récompenses » doivent être offertes aux agriculteurs qui s’efforcent de « garantir et stabiliser » leur situation face aux « incertitudes » qu’ils rencontrent dans le cadre des mesures prises pour l’adaptation au changement climatique et son atténuation, estiment les organisations professionnelles agricoles de l’UE.

En revanche, celles-ci doutent que des règles plus précises de comptabilisation des effets climatiques de l’affectation des terres, du changement d’affectation des terres et de la sylviculture permettent de créer des incitations dans le secteur agricole.

« Stratégie globale d’adaptation » de l’UE à partir de 2013

L’UE est décidée à mettre en oeuvre à partir de 2013 une « stratégie globale d’adaptation » au changement climatique dont les fondations seraient jetées d’ici 2012, selon des conclusions qui doivent être adoptées par les ministres de l’environnement le 25 juin à Luxembourg.

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Consacrées au livre blanc de la Commission européenne d’avril dernier qui propose un « cadre d’action » dans ce domaine Voir n° 3197 du 06/04/09, ces conclusions, sur lesquelles les représentants permanents des Vingt-sept sont parvenus à un accord le 27 mai, soulignent la nécessité de mesures d’adaptation prises « au niveau, régional et local » pour prendre en compte les situations spécifiques des différents Etats membres.

Des dispositions devront toutefois être « soutenues et renforcées » par une « approche intégrée » à l’échelle communautaire.

L’agriculture et la forêt, « infrastructure verte »

« Les changements ou révisions de la politique de l’UE dans chaque domaine devraient être évalués de façon explicite (...) afin d’accroître la résistance au changement climatique et de faciliter l’adaptation durable », précisent aussi les conclusions du Conseil.

Dans ce contexte, celui-ci « reconnaît le rôle potentiel » que peuvent jouer la biodiversité, l’agriculture et la forêt , qui font office d’ « infrastructure verte ».

Enfin, les conclusions des Vingt-sept notent l’intention de la Commission de créer un Groupe directeur d’experts sur l’impact et l’adaptation (IASG), tout en soulignant la nécessité d’éviter « le chevauchement et la prolifération des groupes de travail ».