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Les agriculteurs girondins se mobilisent contre les incendies

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Face aux incendies qui ont ravagé plus de 17 000 ha de forêts en Gironde, le secteur agricole met à disposition ses citernes et tonnes à lisier pour ravitailler les pompiers ou arroser les fossés. Une solidarité organisée par la chambre, qui a reçu le soutien des départements et régions limitrophes.

« J’y suis depuis vendredi, je n’en peux plus. » Avec quatre autres agriculteurs, Mickaël Massignani, éleveur à Landerrouet-sur-Ségur (Gironde), aide depuis le 15 juillet les pompiers girondins à contenir le feu dans la zone de Landiras. Grâce à leurs tonnes à lisier et leurs citernes, « près de 50 000 litres d’eau à nous cinq », les producteurs ravitaillent les camions de pompiers en eau, et arrosent la tourbe sur les bords de piste pour ralentir la propagation de l’incendie.

« Je n’ai pas de mots pour décrire. Il n’y a plus rien, tout est noir. » Alors que sa ferme se situe à une heure de route, Mickaël Massignani est arrivé le premier jour sur place pour aider un ami, puis il a rejoint le poste de contrôle de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI) à Landiras, d’où il a pu appeler des collègues. Après quatre jours dans la forêt, il s’est enfin accordé une pause le 19 juillet, pour mieux repartir. « Tant qu’il y aura besoin de nous, on sera là », assure l’éleveur.

L’initiative a été remarquée par la chambre d’agriculture, qui a structuré cette solidarité agricole. « Nous avons sollicité toutes les chambres de France », souligne Jean-Louis Dubourg, le président de la chambre de Gironde. Les autres départements de la région (Landes, Lot-et-Garonne, Charente, Charente-maritime, Deux-Sèvres, Corrèze), ont répondu présent, mais également d’autres régions, dont l’Occitanie ou Auvergne-Rhone Alpes. Au total, une quarantaine de citernes seraient déjà sur place, et 60 à 70 cuves de plus pourraient les rejoindre. Autant de citernes qui ne seront mobilisées qu’à la demande des pompiers. « Pour éteindre le feu, il n’y a pas mieux que les professionnels », répète Jean-Louis Dubourg. Parallèlement, la chambre travaille sur des arrêtés de réquisition, « pour sécuriser les professionnels », notamment en leur permettant de se faire rembourser le carburant, précise Thomas Cerciat, conseiller à la chambre.

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Dégâts limités en dehors de la forêt

Les agriculteurs ne sont pas les seuls à aider dans la bataille contre les incendies. « Beaucoup de gens soutiennent à leur manière l’effort en offrant du ravitaillement ou des zones de repos », souligne-t-on à la FDSEA de la Gironde. Avec l’aide d’un supermarché de Sauveterre et d’un élu, près de 1 200 sandwichs ont ainsi été confectionnés avec les produits des exploitations locales par le réseau Bienvenue à la ferme pour nourrir les pompiers.

Mais de l’aide sera aussi nécessaire sur le long terme. Alors que 20 000 hectares en tout avaient brûlé au 20 juillet, « certains ont tout perdu », regrette Jean-Louis Dubourg. Principalement des sylviculteurs professionnels ou amateurs, mais aussi quelques agriculteurs, qui possèdent des hectares de forêts en complément des vignes ou d’un élevage.

D’après la plupart des témoignages, le feu aurait cependant épargné les exploitations agricoles en dehors de la forêt. Quelques animaux auraient été déplacés, et un vigneron aurait rapporté quelques hectares de vignes brûlés, mais les dégâts sont très limités. « Selon l’enherbement, le vignoble peut arrêter le feu ou au contraire le propager », rappelle-t-on à la FDSEA de la Gironde. Les appellations les plus proches de l’incendies, les graves et le sauternais, ne seraient cependant pas les plus touchées par la crise du vignoble, qui peut limiter l’entretien des parcelles.

« Il n’y a plus rien, tout est noir »