Si l'on se réfère aux revenus disponibles des ménages, les agriculteurs ne sont pas particulièrement mal lotis par rapport à l'ensemble de la société, affirme une étude qui, commandée par le Parlement européen, recommande de concentrer les soutiens publics sur « les les cas de bas revenu, qui existent incontestablement ».
« Les agriculteurs ne sont pas un secteur à revenu particulièrement bas de la société dans les plupart des États membres de l'UE, sur la base des revenus disponibles des ménages », affirme une étude commandée par le Parlement européen. Les auteurs, Berkeley Hill, de l'université de Londres, et B. Dylan Bradley, d'Agra CEAS Consulting (Royaume-Uni), estiment que, « comme cela semble très vraisemblable, les niveaux de vie des agriculteurs en tant que groupe peuvent être considérés comme déjà “équitables” dans la plupart des États membres, ce qui est important dans la perspective politique du bien-être social ». Cette évaluation les amène à souligner la nécessité de « repérer les cas de bas revenu, qui existent incontestablement », afin de « cibler le soutien » sur cette catégorie d'agriculteurs.
L'étude précise que « 12 % environ des exploitations de l'UE tirent aussi des revenus d'activités diversifiées à la ferme, qui s'accroissent avec la taille de l'exploitation ».
Volatilité
Dans l'UE à 27 (sans la Croatie), « une relation forte existe entre la taille économique de l'entreprise agricole et les niveaux moyens de revenu générés », constate l'étude, longue (132 pages), qui est destinée à la commission de l'agriculture du Parlement européen. « Cela vaut non seulement pour le revenu familial, comme on pouvait s'y attendre, mais, de façon plus significative, pour le revenu par unité de travail familial ». Bien entendu, les revenus des exploitations dans les zones les moins favorisées sont plus bas que ceux dans les autres régions, « même après avoir pris en compte les paiements spéciaux qu'elles reçoivent ». Les exploitations « granivores » et les grandes cultures connaissent « la plus grande volatilité du revenu », tandis que ce dernier est le plus stable en horticulture et « autres cultures permanentes ». En moyenne sur les trois dernières années, une volatilité de l'ordre de 30 % a été enregistrée par « 55 % des grandes exploitations et 38 % des petites ».
Divergences
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« Les recettes tirées du marché sont « la composante la plus importante » du revenu agricole, puisqu'elles représentent 86 % du résultat du secteur, précisent les auteurs. La Belgique, le Danemark, l'Allemagne, la France et le Luxembourg « se distinguent par des revenus élevés ». Et, parmi les « nouveaux » États membres, seules la République tchèque, l'Estonie et la Hongrie présentent, en la matière, des indicateurs qui dépassent ou se rapprochent de la moyenne de l'UE-27.
Principale raison de ces divergences, selon l'étude : la taille économique des exploitations, la combinaison des types d'exploitations jouant également un rôle. « Toutefois, quand on compare les exploitations de type et de taille identiques, les résultats sont « souvent équivalents » pour l'ensemble de l'UE-28, et « parfois meilleurs » dans les « nouveaux États membres » que dans l'UE à quinze.
(1) Voir n° 3476 du 22/12/14
Le revenu agricole réel par actif aurait diminué de 1,2 % en termes réels dans l'UE-28 en 2014 par rapport à 2013, selon une mise à jour des données prévisionnelles publiées par l'office statistique européen (Eurostat) qui tablait en décembre 2013 sur - 1,7 % (1). La commission française des comptes de l'agriculture, qui a publié cette mise à jour le 3 juillet, précise que la baisse de 1,2 % résulterait d'une diminution de 3,2 % du revenu des facteurs de la branche en partie compensée par une réduction de 2,1 % de la main-d'œuvre agricole. Le revenu par actif aurait augmenté dans l'UE-28 de 34,6 % entre 2005 et 2014, tandis que la main-d'œuvre diminuait de 24,6 %.