Le 5 mai avaient lieu à Paris les 4es rencontres parlementaires sur l'agriculture. Le développement durable et les politiques qui y sont liées furent un des thèmes importants de cette journée. Si les participants indiquent que l'agriculture française a fait beaucoup de progrès depuis quelques temps en matière de protection de l'environnement, des craintes apparaissent quant aux contraintes qui deviennent de plus en plus étouffantes et handicapantes pour leur métier. Les agriculteurs attendent des réponses de l'Union européenne.
"L'agriculture française a fait des progrès en matière de protection de l'environnement ces dernières années". Voilà ce qu'une grande partie des participants s'évertuait à reconnaître lors de la première table ronde de ces rencontres, intitulée "Vers un pacte agricole de développement durable". " Jusqu'au début des années 90, l'évolution des techniques et des pratiques agricoles était orientée vers le développement de la productivité", indique Marion Guillou, directrice générale de l'Institut national de recherche agronomique (Inra). " Certes, les objectifs productivistes ont prévalu pendant quelques années, et le balancier est sans doute allé trop loin", ajoute Eugène Schaeffer (FNSEA), qui partage le sentiment de la directrice de l'Inra. " Aujourd'hui, nous voyons émerger des techniques plus respectueuses de l'environnement. Mieux, la gestion de l'environnement devient un objectif de recherche en soi", déclare celle-ci.
Les craintes des agriculteurs face à l'augmentation des contraintes
Mais les craintes des agriculteurs sont nombreuses concernant la mise en place de nouvelles contraintes environnementales et de traçabilité. Ils espéreraient des compensations financières qui pourraient leur permettre de mieux supporter, dans une logique constante de baisse des prix, la hausse des coûts liées à ces nouvelles politiques. C'est le cas notamment d'André Lefevre, directeur d'une coopérative céréalière, qui souhaiterait " un revenu minimum face à des obligations très contraignantes". L'agriculteur Philippe Lebesque a peur que ses produits ne puissent plus être commercialisables " si les réglementations évoluent trop". " Nous sommes tous conscients de la contradiction apparente entre, d'un côté, la baisse des prix institutionnels et de l'autre, les exigences des consommateurs européens vers toujours plus de qualité et de traçabilité", déclare Bruno Buffaria, de la direction de l'agriculture à la Commission européenne, qui reste vague quant à d'hypothétiques aides pour supporter la hausse des coûts.
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Un souhait partagé pour un engagement de l'Union européenne
Face à toutes les politiques environnementales qui s'ajoutent au fil des ans (PMPOA, directive Nitrates, Natura 2000, et aujourd'hui la conditionnalité), les agriculteurs, dont Eugène Schaeffer, s'accordent à dire qu'il " n'est plus possible d'additionner tous les différents dispositifs mis en place concernant l'environnement". " L'Union européenne doit désormais s'attacher à simplifier sa réglementation et à clarifier son rôle vis-à-vis de la production d'énergies renouvelables et notamment du diester", ajoute-t-il.