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Vin Les aides complémentaires à la distillation dans le collimateur de Bruxelles

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La Commission européenne a demandé le 20 juillet des éclaircissements à la France sur les aides complémentaires qu’elle entend accorder aux viticulteurs qui souscriront, avant la fin août, à la distillation de crise ouverte le 22 juin pour un volume de trois millions d’hl. Dans sa lettre, la Commission souligne que, aux termes du traité européen, un État membre n’a pas le droit de mettre en œuvre une aide d’État avant que la Commission ait pris une décision l’autorisant. Paris dispose de 20 jours ouvrables pour fournir des explications.

Cette aide complémentaire, estimée entre 15 et 20 millions d’euros, avait été annoncée le 8 juin dernier par Dominique Bussereau, le ministre français de l’agriculture Voir n°3061 du 19/06/06. Elle vise à compléter la trésorerie des viticulteurs en faisant passer le prix de la souscription offert par Bruxelles de 1,914 à 2,90 euros par degré hecto pour les vins de table et de 3 à 3,335 euros pour les vins de qualité.

La France avait prévu de plafonner cette subvention complémentaire à 5 000 euros par viticulteur dans la limite de 450 hl maximum.

Ouverture de la distillation de crise au Portugal

Par ailleurs, la Commission européenne vient d’autoriser l’ouverture de la distillation de crise au Portugal dans la limite de 200 000 hectolitres de vins de table. Destinée à résorber les excèdents, cette mesure a déjà été mise en place dans quatre États membres. Ce sont au total 6,6 millions d’hl (4,57 M d’hl de vins de table et 2,03 M d’hl de vins de qualité) qui seront transformés en alcool en vue d’être utilisés à des fins industrielles ou comme biocarburant.

Début juin, l’UE avait déjà autorisé la France et l’Italie à recourir à la distillation de crise pour respectivement 3 M d’hl (1,5 M d’hl de vins de table et 1,5 M d’hl de vins de qualité) et 2,6 M d’hl (2,5 M d’hl de vins de table et 100 000 heures de vins de qualité). Début juillet, la mesure a été étendue à l’Espagne (300 000 hl de vins de qualité) et à la Grèce (370 000 hl de vins de table et 130 000 hl de vins de qualité). Le prix du vin à distiller a été fixé à 1,914 euro par degré d’alcool et par hectolitre pour les vins de table et de 3 euros pour les vins de qualité.

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Par ailleurs, au titre de la campagne 2005/06, la Commission a reporté de deux semaines, soit jusqu’au 31 juillet, la date limite prévue pour la livraison à la distillation du vin en alcool de bouche compte tenu de problèmes de capacité de distilleries dans certains États membres. Quant aux vins livrés, ils devront partir à la chaudière au plus tard le 15 octobre.

Les exportations françaises et italiennes repartent

Les exportations françaises de vins ont atteint 1,7 milliard d’euros pour les quatre premiers mois de 2006, soit une progression de 5,5 % en volume et de 16,4 % en valeur, par rapport à la période correspondante de 2005, selon la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS). Pour les seuls vins tranquilles (hors champagne dont les exportations explosent avec une progression de 26 % en valeur), la hausse est de 5 % en volume et de 14,7 % en valeur.

En Italie, les exportations de vin ont augmenté de 6,1 % durant la même période, indique la Coldiretti, principal syndicat agricole italien. La hausse est de 7,8 % sur le marché américain.

La Coldiretti estime que la récolte pourrait atteindre 53 M d’hl, un niveau comparable aux prévisions établies en France par les services du ministère de l’agriculture (53,1 M d’hl).