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Surtitre Les aides de la Pac doivent servir à retrouver de la valeur ajoutée

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Avec une revalorisation de près de 50% de ses aides européennes, la filière ovine a les cartes en main pour se relancer. Pour les experts de l’Institut de l’élevage, il lui faut surtout redevenir compétitive face à ces concurrents en retrouvant de la valeur ajoutée à tous les échelons de la filière.

La production d’ovine est incontestablement la grande gagnante de la redistribution des aides de la PAC dans le cadre du bilan de santé. Selon les systèmes, les éleveurs devraient bénéficier d’une aide supplémentaire entre 13 000 et 15 000 euros par an, estime l’Institut de l’élevage. Il faut maintenant transformer l’essai. Car le plus gros problème du secteur ovin, aujourd’hui, est son manque de rentabilité. Ce que la revalorisation des aides de la Pac ne résout en rien. Le défi, pour toute la filière consiste donc à retrouver de la valeur ajoutée avant que les producteurs, environ 40 000 aujourd’hui, ne disparaissent. Pour 2009, une nouvelle baisse de la production de l’ordre de 6% (avec 104 000 tonnes équivalent carcasse) est prévue par l’Institut de l’élevage. Pour la consommation, après une baisse de 3% en 2008, une chute entre 5 et 10 % est attendue cette année. Le séminaire organisé le 6 avril par l’Institut de l’élevage et FranceAgriMer et consacré à l’économie ovine a été l’occasion de faire le point sur les marges de progrès de la filière.

Une production coûteuse

Le principal défaut de l’élevage français est qu’il repose sur des systèmes coûteux. La production à contre-saison, pratiquée pour résister aux importations anglaises, est onéreuse du fait de l’utilisation d’aliments composés. L’argent obtenu de la redistribution peut certes servir à conforter les trésoreries des éleveurs en difficulté mais aussi à investir pour lutter contre les trois handicaps de l’élevage français : la stagnation de la productivité des brebis, la dégradation de l’autonomie alimentaire et l’augmentation des coûts de production. Pour cela, l’amélioration génétique du cheptel est une piste. L’introduction d’espèces plus rustiques pourrait par exemple diminuer la mortalité dans les troupeaux. Une meilleure utilisation des fourrages est également à étudier.

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Structurer la filière

Afin d’aider la filière à redevenir compétitive d’ici 2013, trois groupes de travail ont été mis en place à FranceAgriMer sur la consommation, la restructuration des outils industriels et la technique. La structuration de la filière est en cours que ce soit pour les outils industriels (abatteurs) ou les groupements de producteurs grâce au soutien de l’office à travers une « aide aux investissements immatériels ». « La baisse de production et de consommation, fait que nous sommes aujourd’hui en surcapacité d’abattage », indique Nicolas Douzain, directeur de la FNICGV (fédération nationale des industriels et commerçants en gros de viande). Quant à la consommation, le lancement de la campagne « Agneau presto » qui vise à simplifier les modes de consommation de l’agneau en collaboration avec les producteurs irlandais et britanniques devrait prochainement porter ses fruits. Une première session de formation des bouchers à ces nouvelles découpes de viande est organisée le 20 avril.